Centenaire

Un témoignage de Maël Isaac,
né(e) le 27 janvier 1909
Mémoire recueillie à

M. ISAAC est né à Viviers en 1909. Il a donc fêté ses 100 ans cette année. Il a eu deux filles et un garçon. M. ISAAC a connu les deux guerres mondiales et la guerre d’Algérie. Étant petit, cette période a été très difficile pour lui et sa famille. Il avait 5 ans quand la première Guerre Mondiale fut déclarée. Son père a dû partir à la guerre, et sa mère se retrouva seule pour élever ses cinq enfants et entretenir les terres. Les habitants du quartier venaient les aider gracieusement pour les travaux agricoles. A l'époque, il n'y avait pas d'allocations familiales ni de sécurité sociale.

Parcours professionnel:


M. ISAAC a commencé à travailler très jeune (à partir 10 ans) avec son père, il gardait les chèvres de la famille (à cette époque, il était courant d'avoir plusieurs « travails »: travail agricole pour pouvoir nourrir sa famille et un travail pour gagner de l'argent).
A 13 ans, il travaillait à la filature. Sa tâche consistait à tirer du cocon des fils de soie.
Il a enchaîné par la suite plusieurs emplois tels que carreleur, tonnelier, veilleur de nuit avant de rentrer aux chemins de fer.

Les Cheminots :

Il avait une vingtaine d'années quand il fut embauché à la SNCF, il était sur les voies.
A cette période il y avait deux mille cheminots et tout se faisait à la main (changement de rails,...). Pendant la seconde guerre mondiale, les Allemands commandaient les différentes gares de la SNCF dont celle où M. ISAAC travaillait. Les chemins de fer du Teil étaient constamment surveillés par les Allemands qui étaient munis de chiens loups. Lors de l'occupation allemande, le 11 novembre n'était plus considéré comme un jour férié. M. ISAAC fut donc obligé de travailler de jour là. Ses collègues étaient aussi révoltés que lui, ils décidèrent donc de saboter le chantier pour exprimer leur mécontentement mais l'oppression des Allemands rendait impossible cette révolte. Le 11 novembre 1941 fut un jour marquant pour M. ISAAC car il se blessa gravement et ne put plus jamais travailler comme avant.

Pendant un temps M. ISAAC fut chargé de surveiller les entreprises travaillant pour la SNCF (travaux légers) mais il se vit quand même réformé. Il se rappelle que pendant la seconde guerre mondiale, lors de l'occupation allemande au Teil, les Allemands vivaient à la campagne loin du centre ville. Ils avaient seulement un bureau pour pouvoir se réunir. Son meilleur souvenir, fut le retour de son père de la guerre.

Comparaison des époques:


A son époque, il y avait une certaine facilité pour trouver du travail, les gens n'avaient pas besoin de se déplacer. Maintenant il faut au minimum un vélo pour aller au travail et le salaire était totalement différent et dérisoire, M. ISAAC percevait 5 francs pour 10 heures en 1936.
Les transports en communs étaient moins utilisés, M. ISAAC prenait le train une fois par an pour effectuer le trajet Châteauneuf du Rhône -Montélimar, pour participer à la foire, « c'était un miracle ». M. ISAAC a eu sa première voiture après la seconde guerre mondiale et selon lui, les jeunes de notre époque ont tous une voiture. M. ISAAC raconte aussi que pendant cette période de crise et de famine, le plus dur c'était de « joindre les deux bouts ». Mais lui et sa famille s'étaient faits à cette dure vie, ils se sont crées leurs moments de bonheur. L'invention qui l'a le plus marquée, c'est l'électricité car selon lui « maintenant c'est mieux d'appuyer sur un bouton que d'utiliser la lampe à pétrole et y'a moins d'odeur ».

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