» C’était folklorique ! « 

Un témoignage de Marie-Yvette Chabbert,
né(e) le 31 décembre 1935
Mémoire recueillie à

Je m'appelle Marie-Yvette CHABBERT, je suis née le 31 décembre 1935, dans le Tarn. J’habitais Camaillieres qui se situe sur la route entre Vabre et Lacaune.


Mes parents avaient un commerce, ils achetaient du vin dans l’Hérault et ils le redistribuaient dans le village et aux alentours. On descendait aussi dans l’Hérault du foin, des pommes de terre, c’était un commerce. Puis à la maison nous faisions l’auberge, nous faisions « café ». Alors on avait beaucoup de gens qui passaient chez nous, on avait le téléphone, la cabine téléphonique du village, le seul téléphone qu’il y avait et aussi on avait le seul poste radio avec la galène qu’on l’appelait, je crois. Il y avait une antenne qui partait dans les arbres là, à coté, voilà !


Les divertissements ? Hé bien, c’était surtout l’hiver, les adultes jouaient aux cartes à la belote ou à la manille et puis les jeunes, une fois par semaine, on se retrouvait chez l’un ou chez l ‘autre avec les parents. Il y avait des jeunes qui jouaient de l ‘accordéon et on dansait on buvait un vin chaud quelque fois et on leur préparait un gâteau et voilà, on passait la veillée comme ça, à jouer.


Quelle est l'invention qui a le plus changé ma vie ? La principale je pense que c’est l’eau courante, sur l’évier, ça c’était très important pour nous. Ensuite il y a eu le téléphone, la voiture qu’est-ce qu’il y a eu encore ? .... la machine à laver le linge, ha oui ça c’était important aussi, oui.
L’électricité un peu partout dans la maison, ça aussi parce qu'il y avait quelques pièces au début qui avaient l’électricité et puis il n’y avait pas dans d’autres, je crois que c’est l’essentiel. Quand nous avons eu le téléphone, je me souviens, c’était comme un meuble qui était cloué au mur et quand les gens venaient c’était soit pour le docteur soit pour le vétérinaire ; pour une chose grave. On ne se servait pas du téléphone pour n’importe quoi et alors il ne fallait surtout pas y toucher mais surtout pas.
Ils avaient peur que ça explose alors c’était marrant. Il nous fallait raconter au docteur combien il avait de température, il me disait : - Il a combien de température ? Alors on posait la question à la personne puis après on répétait c’était assez folklorique quoi.

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