Compter, compter…

Un témoignage de Simone Huygues,
né(e) le 21 août 1923
Mémoire recueillie à

J'étais dactylo-comptable au Coopérateur. Ce n'est pas un petit magasin. Je devais faire les salaires. Je travaillais dans le bureau d'une entreprise pour des magasins. Ils disaient combien d'heures ils faisaient et puis je multipliais à chaque fois. Mais à ce moment-là, ce n’était pas comme maintenant. Maintenant, c'est beaucoup plus moderne. Je contrôlais mais ce n’était pas à la main. On avait une machine exprès. J'avais une machine personnelle, une dactylo.



Compter, toujours compter, compter, compter…
J'ai fait ça parce que mon mari était dans le centre. J'ai toujours essayé d'apprendre, d'approfondir. Mais les ouvriers, ils savaient mieux faire leur compte que moi, ha oui... Ils avaient calculé avant d'arriver, alors, moi, je vérifiais. Si c'était ça, je disais « c'est bien », et si ce n’était pas bien, je disais « non, je vais contrôler » et puis voilà.

J’ai été à l'école jusqu'au certificat d'étude. Ce n'était pas dur, du moment que vous saviez compter, multiplier et diviser, c'est tout. J'ai eu le brevet aussi. Le brevet, c'est après, c'est plus loin que le certificat.

Pendant la guerre, les soldats ne nous empêchaient pas d'aller travailler car on ne faisait de tort à personne. Il y a des jours où je n’avais pas à manger. Le soir, je mangeais le soir... Et le midi, je n'avais pas beaucoup le temps.

On allait en vacances. Je n’y allais jamais en avion, on prenait le bus. On a été tout partout, en France, où on pouvait. On allait en vacances loin, une fois par an. Ça ne coûtait pas trop cher. Et on faisait des balades à pied. On y allait l'été, on n’avait pas trop chaud à rouler, et on pouvait s'arrêter un petit peu en route.

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