En ce temps là, on avait…

Un témoignage de Bernard .,
né(e) le 28 octobre 1943
Mémoire recueillie à

« Quand j’étais petit nous vivions dans une ferme à trois kilomètres du village au milieu des champs et près des bois. Dans la ferme à l’époque, on n’avait pas d’électricité, pas de chauffage, pas de véhicule, rien. Ainsi on vivait dans une ferme comme des sauvages, comme on pourrait le dire actuellement. Pas de salle de bain, on ce chauffait avec une cuisinière à bois pendant qu’on faisait la cuisine et dans les chambres on n’avait pas de chauffage et du coup, on avait des gros édredons.
A l’époque on n’avait pas d’eau courante non plus, on avait une pompe dans la cuisine et on pompait quand on en avait besoin. Donc y’avait pas de chauffe-eau non plus et pour avoir de l’eau chaude on y chauffait sur la cuisinière. On n’avait pas toute la technologie de maintenant, les piles sont arrivées quand j’avais dix ou douze ans.

Vu que l’on n’avait pas de machine, les vaches on les tirait à la main et un peu plus tard, quand il y a eu l’essence, on a eu des tracteurs.
Le soir, pour faire nos devoirs on avait des bougies, et quand on allait se balader dehors ou dans les écuries, c’était des lampes à pétroles. Et c’est comme quand on se lavait l’hiver, on se lavait dans la même eau les uns après les autres, et l’été on mettait les bacs au soleil pour que l’eau soit plus chaude. Puis on ce lavait comme ça.

Et donc ce qui veut dire aussi qu’on n’avait pas de frigo et donc pour garder la nourriture on avait un petit garde-manger à la cave, dans un endroit qui était frais pour y garder le plus longtemps, c’est pour cela qu’on faisait plus de conserve à cette époque. Et pour ce nourrir, c’est pareil, on avait les lapins, les poules, les cochons et on avait une grande cheminée où on faisait fumer le jambon.

Quand on allait à l’école, on avait trois kilomètres à faire le matin, le midi et le soir. L’hiver, on avait la boulangère qui nous hébergeait le midi, et on mangeait le casse-croûte qu’on avait emmené. Mais quand on a pu avoir des vélos, on allait un peu plus vite.
Et en dehors de ça, on avait le boulanger qui nous apportait le pain, puis on avait un camion qui nous amenait de la marchandise une fois par mois, parce que sinon c’était trop loin à trente kilomètres et vu qu’on n’avait pas de voiture, c’était encore plus compliqué ».

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