Histoire de guerre

Un témoignage de Etiennette Clauzure,
né(e) le 23 avril 1921
Mémoire recueillie à

Mon mari a fait le service de travail obligatoire. Quand il est arrivé en Allemagne, à Berlin, il a annoncé qu’il était né le 19 mai 1920. L’officier allemand l’a alors pris dans ses bras. Cela a beaucoup étonné mon mari. L’explication était qu’il avait un fils mort au front qui était né le 19 mai 1920. Mon mari n’avait pas grand-chose à manger, alors l’officier lui apportait du ravitaillement. Au lieu de le faire travailler au chemin de fer, il a envoyé mon mari à l’école de soudure. Alors il était bien.
Mon mari avait un frère qui était en camp de concentration. L’allemand a dit qu’il fallait qu’il aille voir sa mère qui devait beaucoup pleurer. Il lui a donc donné une vraie permission, alors qu‘il n’y avait pas droit. Il avait préparé des cartes de Berlin et avait dit à mon mari de les remplir afin de pouvoir lui envoyer après. Lorsque mon mari a débarqué à Coutras près de Bordeaux, son voisin qui était pour « l’ordre nouveau » l’a dénoncé aux allemands. Les allemands sont arrivés chez mes beaux-parents et ont fouillé la maison. Mon mari avait eu le temps de filer puisque l’adjudant de la gendarmerie avait prévenu mon beau-père. L’allemand était complètement paumé puisqu’il voyait les cartes fraîchement envoyées d’Allemagne.
Lorsque la guerre s’est terminée, nous sommes allés les voir en Allemagne. Il était du tonnerre cet homme. Il n’était pas nazi, lui.

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