Histoire d’une vie engagée. Partie 1: l’enfance en banlieue parisienne

Un témoignage de Michèle S,
Mémoire recueillie à

Histoire d’une vie engagée.

Partie 1: l’enfance en banlieue parisienne

« On va repartir un peu sur votre histoire, où êtes-vous née, de quelle région êtes-vous ? »

Ah de quelle région je suis, je suis de beaucoup d’endroits et de nulle part c’est-à-dire que je suis née dans la banlieue de Paris mais je suis née d’un père Breton qui était arrivé là vers ses 20 ans et d’une mère Angevine qui était arrivée dans la région à 3 ans et demi donc c’est vraiment du mâtiné cochon d’inde.

 

Ce que je suis, je n’en sais rien, j’habitais la banlieue avec mes parents et bien sûr je ne pouvais pas bien connaître les Parisiens.

Les Banlieusards avaient des relations parce que quand on arrivait en âge d’être au lycée, au collège on était obligé d’aller à Paris, alors on se retrouvait tous les jours, des bandes de jeunes qui prenaient le même train et en même temps des gens qui venaient travailler aussi de la banlieue ou de la grande banlieue.

Il y en avait qui avaient plus d’une heure de train le matin et le soir donc ça représentait quelque chose…

Alors on se retrouvait tous là, dans les moyens de transports et on finissait par se connaître, on savait « Ah le monsieur là il doit être malade il n’est pas là ».

Les gens qui venaient de plus loin jouaient aux cartes dans le train.

 

C’était une région qui était fragile parce que nous étions dans une boucle de la Seine et dès que la Seine montait il y avait de gros risques d’inondations ce qu’on a connu à plusieurs reprises.

 

Le quartier a souffert à la fin de la guerre parce qu’on a subi les bombardements ; on était situé entre un aéroport et une gare de triage donc deux sites dangereux pour les alliés parce que c’était utile aux Allemands.

Quand c’était des Français ou des Anglais qui bombardaient c’était assez précis parce qu’ils descendaient mais quand c’était les Américains ils restaient là-haut à 2-3 mille mètres alors ça partait où ça pouvait, en principe ça devait bombarder là, mais ça bombardait ailleurs, c’est comme ça que toute une partie du quartier a été détruite par les bombardements Américains, mais ça c’était tous les aléas de la guerre.

 

A suivre…Pendant la guerre

 

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