J’ai une assez bonne opinion de la jeunesse

Un témoignage de Yvette Allies,
né(e) le 12 septembre 1910
Mémoire recueillie à

Bonjour. Je m’appelle Yvette Alliès. Guys de mon nom de jeune fille. Je suis née le 12 septembre 1910 à Aix en Provence.
Je suis licenciée de sciences, plus précisément de chimie et de sciences naturelles, ce qui m’a permis de devenir professeur de faculté. Je suis Aixoise, mais étant donné le fait que j’étais plus scientifique que littéraire, j’ai été obligée de venir étudier à Marseille. Mais, en y repensant, je pense qu’on m’a un peu trop poussée en me disant « tu es scientifique », mais j’aurais aussi bien réussi en lettres. Mais je ne regrette pas. J’ai fait pas mal d’études, c’est déjà pas mal !
J’étais mariée à un médecin. J’ai trois enfants. Deux fils et une fille. Malheureusement, ma fille est morte ; elle était médecin, et d’une beauté remarquable. Et j’ai aussi deux petits enfants, encore des garçons, toujours des garçons !
J’ai toujours aimé danser : le tango, le rock …
J’ai voyagé, aussi. Je suis allée jusqu’en Amérique ! J’aime voyager. On partait en avion : hé oui, on ne va pas s’amuser à y aller à petits pas !
J’aime être bien habillée, d’ailleurs j’étais très adroite et je cousais très bien, même si je n’aimais pas spécialement ça. Je me faisais mes patrons, je me faisais mes robes, je me faisais un tas de trucs.
Pouvez-vous nous parler de l’engagement que vous avez eu au cours de votre vie ?
Quand j’avais 25 ans, j’ai été conseillère municipale à Bouc-Bel-Air pendant 22 ans. Je m’occupais de la mairie avec mon père : j’étais sa secrétaire, en quelques sortes. Mon père, lui, était ingénieur des ponts et chaussées. On a fait beaucoup de projets, notamment un stade supplémentaire pour faire du foot dans le village. Au fond, on tenait les raines de la mairie, on coordonnait les projets.
Mon petit fils habite encore dans la maison de Bouc-Bel-Air, il s’y plait bien. Moi aussi, je m’y plaisais : j’ai toujours préféré le village à la ville. C’est un petit village entre Aix et Marseille, il faut monter un peu, et en haut il y a une grande place.
Que pensez-vous de la jeunesse d’aujourd’hui ?
J’ai une assez bonne opinion de la jeunesse. Notamment vis-à-vis de mes petits enfants, qui ont la vingtaine. Je trouve qu’ils sont bien : ils sont honnêtes, ils travaillent bien. En plus, il y en a un qui va avoir un bébé bientôt ! Je vais être arrière grand-mère : je suis contente !
Ce qui est moins beau aujourd’hui, c’est l’encombrement de la vie par les gens, par les voitures, par tout ce monde. On ne vit plus comme avant. Les gens ne se connaissent plus comme avant.
Avant, à Bouc-Bel-Air, on faisait des grandes fêtes ! Tous les ans, on faisait un bal sur la grande place dont je vous parlais. Et comme je travaillais à la mairie, bien sur, j’ouvrais le bal. Je vais vous dire, j’ai toujours aimé danser. C’était agréable, on faisait venir un orchestre et on dansait. Et puis, ça permettait de connaître les voisins !
J’aimerais y retourner plus souvent.
Pouvez-vous nous parler d’un de vos plus beaux souvenirs … ?
Quand mon mari avait fini, le soir, et que moi aussi j’avais fini mon travail à la mairie, il nous tardait de préparer nos affaires et d’aller manger là haut, à la maison.


Avec tout ça, j’approche des 100 ans. Je suis encore en forme, mais enfin, c’est quand même fatigant.
Le petit mot de la fin … ?
En tous cas, je suis contente de vous avoir vues, vous êtes charmantes toutes les deux ! J’espère que vous aussi avez été contentes de me voir, et que vous reviendrez !

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