» J’allais souvent au bal avec mes parents ! « 

Un témoignage de Jeanne Riffault,
né(e) le 21 avril 1922
Mémoire recueillie à

Que faisiez-vous à mon âge? Vous savez, dans le temps, c’était très sévère. Il ne fallait pas que je sorte, il fallait rester avec les parents et je ne sortais jamais. J’étais fiancée. J’ai aimé un homme pendant cinq ans, j’ai commencé à quinze ans. Je travaillais de nuit, c’était l’hiver. Je faisais les saisons d’oranges, mon patron m’avait demandé de travailler la nuit car il y avait un bateau qui arrivait. Il fallait le charger au plus vite.
Quels étaient vos rêves à 20 ans?
C’était de me marier, être tranquille. Chez les parents, c’est dur un peu. C’est comme tous les jeunes, on veut partir. Mais moi, comme ma mère était malade, elle faisait tout pour pas que je me marie. Je me suis mariée qu’à 21 ans.
Quelle évolution vous a le plus marquée ?
Il y a une partie des jeunes d’aujourd’hui, c’est bien libre et tout…mais il y a des choses que
Je n’ai pas aimé comme tout le monde. Déjà la liberté, ce n’est pas comme nous. Il y a beaucoup de choses déjà les voyages que l’on n’avait pas dans le temps. C’est bien parce que, dans le temps, c’était vraiment privé. La vie est quand même plus évoluée à l’heure actuelle. .Maintenant, avec tout ce qui se passe ce n’est pas pareil : le chômage ce n’est pas bien. Il y a des jeunes qui sont sans travail. Alors, on garde après 60 ans pour travailler, il faudrait laisser sa place à tous ces jeunes. Vous allez souffrir car vous êtes encore jeune. La vie est dure. Alors que avant on vivait bien malgré tout. C’était sain, que là, maintenant, c’est plus chimique, des maladies il y en avait moins peut-être qu’on ne les connaissait pas.
Comment faisiez-vous des rencontres à 20 ans?
J’allais souvent au bal avec mes parents vu que mon père faisait parties des associations. J’ai appris à danser à 6ans. Je dansais sur la table avec des grands. J’ai gagné le concours de la rumba! Mes parents me sortait, on allait aux plages, on prenait le bateau de promenade, on allait à la plazza, on mangeait des brochettes en Algérie. Je suis née en Algérie. J’habitais à Bônne. Je suis partie en 62 par les événements. On est arrivé à Marseille. Le secours catholique nous avait dit de m’emmener à Angers car j’attendais un bébé. Ils m’avaient dit : « ça va vous rappeler le climat d’Algérie ». (rires) Bien sur, je suis arrivée en Août, tout était fleuri, il y avait un beau soleil. Bien sur que c’était beau mais après en 63, je suis tombé sur le verglas!
Que pensez-vous de notre génération?
Oh! Je suis contente que les jeunes ils s’aident entre eux, ils sont très copains. Oui, il faut être copain, car, dans le temps, on ne pouvait pas marcher avec des garçons. Alors que maintenant, c’est plus libre, moi ça j’aime parce que déjà c’est mon caractère car plus jeune j’étais une bonne vivante!

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