« Je ne veux pas être vaniteux mais de mémoire j’ai de la correspondance. »

Un témoignage de Raymond Monfort,
né(e) le 21 janvier 1930
Mémoire recueillie à

L’arrivée en France et la guerre
« La ligne Maginot était faite de la frontière suisse à la frontière belge. Ils n’étaient pas dégourdis à l’époque quand ils ont fait ça. »
D’où êtes-vous originaire ?
De l'ouest de l'Espagne, dans la région de Barcelone. A 30 kilomètres de Barcelone.Olesa de Montserrat, Montserrat c’est une montagne. Dans la montagne, sur le plateau, il y a une ville thermale et un peu plus haut, le couvent de Montserrat. Il y a du textile et de l’alimentaire, des coopératives de conserves d’agro-alimentaire.
Et en 1939, à la chute de la république espagnole, mes parents ont immigré en France. J'avais neuf ans et quelques mois.
A notre arrivée en France, on a été dans un camp de triage - car les hommes de plus de 16 ou 18 ans étaient à part parce qu’il y en avait qui étaient d’anciens militaires de la République réfugiés. De là nous sommes allés en Ardèche, à Aubenas. On est resté à peu près un an puis on est allé dans la région de Chartres, entre Paris et Orléans. Ce sont des plaines là-bas, il n’y a que le blé, les pommes de terre, les betteraves. Et là mon père a travaillé dans une ferme.
On y est resté jusqu’en 1940 quand il y a eu la débâcle de l’armée française. Que les allemands sont passés non pas par la ligne Maginot, mais par la Belgique où il n’y avait pas de fortification. Parce que la ligne Maginot était faite de la frontière suisse à la frontière belge. Ils n’étaient pas dégourdis à l’époque quand ils ont fait ça. Parce que les allemands au lieu de se casser le portrait sur la ligne Maginot, ils sont passés par la Belgique où il y avait pas de fortification. Et puis ils ont pris l’armée française par Anvers et ça a été la débâcle. On est descendu dans le Lot et Garonne. Là j’avais mon frère aîné qui avait dans les 26 ans et mes deux autres frères, Jésus et Antoine qui avaient 14 et 12 ans. Moi j’avais 10 ans et ma sœur en avait 6. Mon père était dans la résistance. Nous sommes restés là jusqu’à la libération et moi je suis allé chez les compagnons à 21 ans.
Vous vous souvenez de votre arrivée en France, du passage de la frontière ?
On marchait à pied, il y avait une cinquantaine de kilomètres, avant d’arriver à la frontière française. Un camion, un des rares camions qu’il y avait dans l’armée espagnole avec les soldats, nous a récupérés, et on est arrivés du côté de Perpignan. Quand on a passé la frontière il y avait des gendarmes qui nous contrôlaient, mais surtout c'était la première fois que je voyais des noirs : il y avait des Sénégalais avec la chicha rouge.
Et je dis « ouah, qu'est-ce que c'est que ça », en catalan. J'ai dit «Como son estos mama, son negros ! La piel negra ! ». [silence] C'est la première fois de ma vie que je voyais quelqu'un de noir : c'était un tirailleur sénégalais, je l'ai su après que c'était des tirailleurs.
On est resté quelques jours dans le camp de triage, ils nous vaccinaient contre les maladies qu'il pouvait y avoir chez les immigrés puisqu’on était plusieurs centaines dans le même camp.
On est resté un mois au camp de triage puis on est monté en passant par Perpignan, on est resté deux jours et demi à Perpignan à attendre qu'un train vienne nous chercher. On est allé jusqu'à Lyon puis de Lyon en Ardèche, à Aubenas.
Le compagnonnage
« Je ne veux pas être vaniteux mais de mémoire j'ai de la correspondance. »
Vous nous avez dit que vous étiez charpentier ?
À 14 ans je suis rentré en apprentissage. À l'époque on allait à l'école jusqu'à 14 ans, ...et j'ai commencé l'apprentissage à l'âge de 14 ans, en 1944, juste après la fin de la seconde guerre mondiale. Le Japon c'était en 45 mais en Europe, la fin de la seconde guerre mondiale c'était en 44. Je suis rentré comme apprenti menuisier-charpentier puis j'ai fait le tour de France.
Pourquoi avez-vous choisi menuisier-charpentier?
Par envie! Quand j'ai fait mon école à 14 ans, j'ai rencontré un artisan qui était charpentier-menuiser, un bon artisan. Et en parlant on avait parlé du tour de France : "Est ce que je pourrais le faire, je lui dis ". Et il m’a répondu que "Du moment que tu n'as pas de poursuite judiciaire... «. [rires] Pour faire le tour de France il ne faut pas être condamné de droit commun! Il y avait deux façons de rentrer : soit une autorisation parentale, soit être majeur. En 1951, je me suis présenté, recommandé par l’artisan à Bordeaux, au compagnonnage, et on m’a pris avec l’examen.
De 14 à 21 ans vous avez fait un apprentissage dans le Lot ?
Dans le Lot et Garonne, à Sainte Livrade sur Lot ! L’apprentissage c’était par un ami du compagnonnage, un charpentier. Et à 21 ans je suis allé à Bordeaux et suis rentré aux Compagnons du devoir.J’ai fait Toulouse, Bordeaux, Toulouse, Paris, Lyon et puis d’autres villes moins importantes et voilà. J’ai fini mon tour de France compagnonnique à Paris.
Comment est ce que vous avez vécu votre première ville, à Bordeaux ?
Moi, jusque là j’avais vécu qu’en famille. Bon, là aussi c’est une grande famille seulement voilà, y a un certain règlement : faut être propre, ne pas être scandaleux, bien s’habiller ...et ainsi de suite... avoir une bonne tenue au travail. Il y a des cours de l’après-midi et du soir...
Et c’est vous qui avez décidé de venir à Toulouse après, ou ce sont les compagnons qui ont choisi ?
Mes parents habitaient Toulouse, j’ai demandé l’avis du compagnonnage et puis ils étaient d’accord, alors je suis venu à Toulouse. J’y suis resté plusieurs années jusqu’à la retraite. Maman est décédée en 1980 et papa en 1984. Et je suis à la maison de retraite depuis le 24 mai 2006.
Il y a un chef d’œuvre à faire à la fin du compagnonnage, quel était le votre ?
Et bien c’était une charpente à quatre pans. La charpente traditionnelle n’a que deux pans. Ici, dans la région toulousaine c’est rare qu’il y ait des villas ou des charpentes d’immeuble à quatre pans. Mais dans la région parisienne, oui, il y en a. C’est à l’échelle, ça fait à peu près 95cm ...ou un mètre de taille. Un carré de 90 cm. Et on ne l’amène pas, elle reste chez les compagnons. Il y a des musées du compagnonnage. C’était le beau temps !
Qu’est ce qui vous plaisait dans la charpente? Le toucher du bois?
Le toucher du bois mais surtout le sens du travail. Y a l'apprentissage à faire mais y a aussi des connaissances d'architecture. Par exemple : l’architecte fait les plans, l'entrepreneur, celui qui exécute les plans, fait son travail et après le charpentier travaille selon l’architecte et l'entrepreneur. Il y a le dessin qui compte mais il y a aussi, comme vous dites, le toucher du travail ...le bois. Parce que c'est une matière vivante le bois. Pour la charpente il faut du bois qui ait été abattu depuis deux ou trois ans, ou quatre ans.
Sinon, si ce n'est pas le bois de la même année, comment voulez vous faire la charpente... sinon la charpente ne sera pas solide, il faut que le bois sèche de lui même et ainsi de suite.
Il y a des bois qui sont des Pyrénées, d'autres qui sont de Bourgogne, d'autres qui sont d'Alsace Lorraine, d'autres qui sont des Alpes ...chaque bois a une région. Il y a certains bois qui sont des Landes, d'autres du Lot, chaque bois à une région!
Certains bois sont plus agréables à travailler que d’autres ?
Ah, oui! Mais il y a le prix! Ça c'est l’architecte qui dit, et l'entrepreneur! Bon, il y a le chêne de Bourgogne qui est un des meilleurs de France, mais après il y a le pin et le sapin de France. Y a le pitchpin qui est bien et...
Lequel est-ce que vous préférez?
On peut préférer mais c'est l'architecte qui décide, parce que c'est lui qui dessine les plans. Et il y a l'entrepreneur pour la qualité, le prix de revient...
Il y a le bois des Landes pour faire les charpentes et la menuiserie, y a le bois des Pyrénées avec lequel on peut faire ça aussi. Mais le chêne de bourgogne, pour faire de la charpente ou de la menuiserie ou un meuble c'est le meilleur des chênes. La qualité est selon le prix de l'entrepreneur et l’architecte... et le client qui décide. Nous on est les outils! Mais les commanditaires c'est l’architecte, l'entrepreneur ou le client qui décide. Comme pour toutes choses : pour la cuisine il y a des restaurant à une étoile, deux étoiles, trois étoiles. [rires] Et ceux qui font les souliers, les cordonniers, c'est pareil eux aussi...
Depuis quand habitez-vous à Toulouse ?
Je suis venu à Toulouse depuis le 5 janvier, un lundi, en 1981.
Je ne veux pas être vaniteux mais de mémoire j'ai de la correspondance. C'était un lundi par le train de 11 h 20, le matin. Je partais de Paris en passant par le Lot-et-Garonne, et j'arrivais à Toulouse à 11 h 20. Et oui, ça va faire 30 ans que je suis à Toulouse. C'est la ville où j'ai donné le plus... le 5 janvier ça fait 30 ans.J'ai habité rue Tanière, du côté d'Empalot. Puis faubourg Bonnefoy du côté de la gare. Après j'ai habité à l'angle de la rue Saint-Cloud et ensuite ici, à la maison de retraite.
Vous avez toujours été employé ou avez-vous eu votre propre entreprise?
Non, j'ai toujours été employé. J'ai travaillé avec les entreprises, on était associés au travail mais toujours employés. Je me plaignais pas, je gagnais bien ma vie. On était associés à la tâche. Le patron et l'architecte nous donnaient un cahier des charges, nous disaient à quel mois, quelle semaine, quel jour nous devions commencer. Et à quelle date il fallait finir : le travail devait être fini à tel mois ou à telle année ! On est entraîné à ça! On est commandé par le temps de travail !
Je travaillais aussi à Toulouse pour l'Education Nationale : mais si c'est un travail pour trois mois, je ne vais pas en faire six parce que après le prix de revient ce n'est pas le même. J'exagère en disant le double. On a le droit à 10 % de plus de temps, pas guère plus. Chaque travail dans le bâtiment et la charpente c'est avec l'ensemble du bâtiment que ça marche. Il y a la charpente, les murs, la tuyauterie, l’électricité, le plâtre, le zingueur, le maçon, le tailleur de pierre. Et c'est tout ça qu'on appelle le cahier des charges, le prix de revient quoi. Une fois que c'est fait, il faut s'y tenir. À moins qu'il n'y ait des grèves ou des choses comme ça. Seulement dans le cahier des charges, il y a tant de semaines, tant de mois ou tant d'années, ça dépend du travail que c'est. On doit s'y tenir.
Moi, j'étais contremaître pour une équipe. Maintenant on dit chef, avant on disait contremaître.
L’accident
"Attention, Raymond, ça tombe!"
Vous avez été marié?
Non, j'étais fiancé mais après mon accident la famille de ma fiancée dit "Tu ne vas pas te marier avec…!». En 1950, on se mariait... Ce n’est pas comme à présent où on autorise, la loi reconnaît les copains et les copines quand ils vivent ensemble. Autrement dit les amants et les maîtresses, et avoir des gosses c'est légal après mai 68. En 76 y a des lois qui ont été votées : du moment qu'ils sont majeurs, qu'ils ont plus de 18 ans et qu'il n'y a pas eu de viol, un homme et une femme peuvent avoir des gosses sans être mariés et c'est légal. Avant les concubines... c'était illégal d'avoir des enfants sans être marié. Y a que trente et quelques années que c'est légal (...) alors après l'accident, quand je suis tombé de la charpente du 3ème étage, et la rééducation pendant plusieurs mois, j'ai repris le travail "Et avec un accidenté tu ne vas pas faire ta vie…Qu'est ce que vous allez faire ensemble ???".
Vous étiez où quand vous avez eu l’accident?
Mon accident, c'était dans la banlieue parisienne là où il y a à présent... j'habitais à Paris, je logeais rue de Rivoli près de Notre Dame. Le patron était parisien, l'entreprise aussi. Mais l'accident c'était en banlieue.
C'était sur quel chantier? Vous faisiez quoi? C’était sur une maison?
C’était pour l'Education Nationale, un lycée de filles, un lycée de garçons et après des bâtiments pour l'université, c'est un travail qui durait plusieurs années... et la construction de la sous préfecture, le chantier a duré 5 ans et demi.
Quand j'étais en haut à attendre pour recevoir le matériel de la charpente, j'entends le grutier "Attention, Raymond, ça tombe!" C'était un lundi. Ceux qui avaient monté l'échafaudage ne l'avaient pas ancré au mur. Le poids l'a fait basculer, je suis tombé en bas, mais y avait un tas de sable. Heureusement sinon... Depuis j'ai toujours la tête penchée d'un côté et je boîte. Mais enfin je m'en suis bien tiré quand même.
Vous êtes resté à l’hôpital longtemps?
Au début à l'Hôpital de Paris... Je suis resté à l'hôpital 6 mois 20 jours immobilisé. Et après un an de rééducation, j'ai repris le travail. Physiquement, j'ai tout récupéré : j'avais 26 ans. A 25 ans, j'ai fini le tour. J'avais 26 ans. Tout est revenu et après j'ai recommencé, mais j'avais changé d'équipe et je ne montais plus sur les échafaudages. Je n'étais qu'à l'atelier, je ne travaillais plus qu'à l'atelier.
Les arts
« Le vrai jazz, c'est comme un bon vin : il y a le vin ordinaire puis le vin classe. »
Vous aimiez aller au musée ?
Oh oui! Je suis allé dans les musées de la plupart des villes où je suis allé. Le mieux c'était Paris : non seulement c'est la capitale, mais c'est la ville des arts, la ville lumière.
Quels sont vos musées préférés à Paris ?
Le musée du Louvre et le musée de la marine, et celui de l'art moderne. Le musée de la marine... non seulement il y avait de la peinture de l'époque où il n'y avait pas la photo. Et où il n'y avait que la peinture des marins et des équipages... mais aussi des maquettes à l'échelle... c'est magnifique les bateaux, y a tous les bateaux : des bateaux à voile, à rames, des bateaux modernes... Et puis le Louvre y a de tout! Y a des peintures, de l'art, des sculptures. Et le musée d'art moderne aussi. Y en a d'autres mais pour les voir faut rester plusieurs années.
Vous avez déjà peint ou dessiné ?
Moi j’ai dessiné, à part le bâtiment, je dessine des vitraux. C’est quelque chose que je fais souvent au centre. Je dessine sur papier pour pouvoir faire des vitraux. Au centre où je suis allé après mon accident, le centre de l’école de l’Education nationale à la Côte pavée. [J’y vais] trois fois par semaine. L’après-midi du lundi, mardi, vendredi. J’y reste entre 2h30 et 3h, 4h au maximum (…) On dessine, on travaille ni le bois ni le fer. Y en a qui font de la couture, de la broderie, d’autres des dessins, d’autres de la musique, d’autres de la littérature, y a des bouquins…
Vous êtes le seul à dessiner des vitraux ?
On est deux, au crayon à papier, on dessine puis on les colore. Moi je fais les vitraux de style musulman. C’est-à-dire oriental où ne l’on ne représente pas le corps de l’homme et de la femme. On ne fait que des dessins.
Vous aimez la musique ?
J'aime la musique classique ou alors folklorique. Mon instrument préféré c'est le piano et la trompette, bien que j'écoute des musiques où il y a de la guitare, de l'accordéon...Et le jazz avec du piano... Mais le vrai jazz. Le vrai jazz, ce n'est pas ceux qui, avec une trompette, font du bruit.
J'ai joué un peu de piano, mais il y a des années que je n'en joue plus... Le vrai jazz, c'est comme un bon vin : il y a le vin ordinaire puis le vin classe. Le jazz on y revient ces temps-ci, on en reparle même à la télévision ou dans des films, on retrouve du jazz à nouveau. C'est la musique que les noirs d'Amérique ont inspirée et c'est une musique qui a une profondeur d'âme, d'esprit, à un sens... Un peu la tristesse et la joie des noirs, esclaves de l'époque quoi... Dans un morceau de jazz, il faut qu'il y ait une belle batterie!
Et la musique folklorique ?
La catalane, ou l'andalouse, ou alors la musique comme il y en a en Alsace-Lorraine. En Occitanie, à Toulouse, il y a pendant l'été des concerts de musique occitane. Musiques et chansons occitanes. Pas à tous les concerts mais de temps en temps j'y vais, oui.
En Irlande, il y a une musique qui représente une transition entre la musique populaire et religieuse. Dans certaines églises ou cathédrales, presque partout on accompagne la messe avec la musique religieuse... folklorique mais religieuse. En France c'est très rare, il y a certainement des mariages et des enterrements musicaux mais c'est rare.
Les 5 sens
« Le regard de ce qu’on fait, le toucher des outils à la main et le bois qu’on travaille »
Est-ce que vous pensez que certains sens sont développés par la religion ?
Oui. Par exemple il y a des rites du temps des romans, des gothiques, des modernes et de la renaissance. Là, il y a l'oreille. Quand on écoute de la musique religieuse, il y a les oreilles mais il y a aussi tout l'esprit, le corps. Nous-même, la plupart des croyants qui vont écouter ces concerts, ne jouent pas eux même : il y a un orchestre !
La vue ?
Ah la vue aussi ! Quand la religion vous dit ...Bon admettons, excusez-moi je ne fais pas la leçon, je vous donne mes impressions. Quand on se promène qu'on voit une jolie fille là habillée avec une mini-jupe et ainsi de suite. La religion vous dira " c'est un péché de voir ça!!". Mais on le regarde! [rires] Tout le commun des mortels même le regarde et ainsi de suite. C'est ça ! Si on passe devant un magasin, qu'il y a une mode de vêtements ou bien un autre qui vous parle d'un grand restaurant. Y a l'odorat quand on va dans un restaurant. Y a l'odorat qui sert.... Les sens fonctionnent tout le temps dans la vie. Plus ou moins, tout dépend du métier qu'on fait et la région qu'on habite. Parce qu'il y a des régions où on a la vie bien plus en plein air que dans d'autres. Par le climat.
A votre avis, quel type de métier développe les sens ?
Y a les sens dans le bâtiment, y a les sens dans la restauration, y a les sens dans l’habillement. Y a les sens dans l’école. Quand un enseignant il travaille ses sens, il a la parole. Bon c’est vrai qu’on travaille avec les ordinateurs mais on revient encore en semaine au cours à l’ardoise. Ben ça c’est tous les sens : c’est les yeux, la main qui dicte. Quand le professeur ou l’instituteur tape sur la machine et sur l’écran qui se voit, c’est le sens du toucher mais aussi les yeux.
Et dans la charpente, si on parle des cinq sens ?
Le regard de ce qu’on fait, le toucher des outils à la main et le bois qu’on travaille. Le sens de l’odeur du travail, les bois qu’on a. Et le bruit qu’il y a dans le bâtiment… et le goût [rires] ça c’est quand on l’arrose !
Des cinq sens, quel est celui qui vous a le plus marqué chez les compagnons ?
Et bien je suis un peu gourmand… une alimentation saine et équilibrée !
Il n'y a pas que le repas ! Le repas qu’on mange c’est un repas de famille pour ainsi dire, c’est un lieu d’échange, il y a de la conversation aussi !
Après mes sens, ben tout le monde comme je vous dis regarde les jolies filles, les belles voitures. On va en vacances à la plage. On va voir un film, une corrida, un match de rugby ou de foot. Si son équipe gagne au foot, on pousse des cris de joie. S’ils perdent, on crie aussi !!La aussi c’est les sens qui se développent….De toutes façons nos cinq sens, normalement, tout le monde peut en user. Sauf si la maladie nous indispose.
Vous vous rappelez de quelque chose que vous mangiez le matin quand vous étiez enfant ?
Ah ça alors quand j’étais gamin, le truc qu’on mangeait le matin c’était du pain grillé et des tartines au beurre et à la confiture. Et un fruit, ou des pommes ou des raisins ça dépend de la saison, ou une banane. Gamin, il n’y avait pas encore de la Ricoré mais on prenait de la chicorée avec un peu de lait. Maintenant y a de la Ricoré .
Il y a un plat typique dans le Lot ?
Oh si, le plat typique qu’il y a dans le Lot, c’est…on mange, à midi, sur un bout de pain, un plat de haricots verts accompagné de quelques carottes et oignons persillés avec de la saucisse. Une saucisse du pays. Voilà, on mange des légumes et de la viande.

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