« Je suis la vie même, comme le vent, je vais où l’on m’emporte »

Un témoignage de Wladislawa Gizycki,
né(e) le 24 novembre 1912
Mémoire recueillie à

Madame Wladislawa Gizycki est née à Varsovie, avant d'arriver en France vers 1920.
Cette femme semble avoir eu une vie trépidante et riche en aventures. D’ailleurs, elle respire la vie. Elle me dit en souriant : « je suis la vie même, comme le vent, je vais où l’on m’emporte ». En l’écoutant attentivement on a l’impression que tout fonctionne à l’instinct.

Toujours en souriant elle avoue qu’elle aime et a toujours aimé les gens. Elle se désigne comme une aventurière, une femme de la route. De la rue, même…

Sa curiosité la distingue également. « Je veux tout savoir, tout apprendre" confie-t-elle. Apprendre des autres, des gens qu’elle rencontre, apprendre de la vie. Sa vie à elle est digne d’un roman. De ses parents, elle a hérité un goût certain pour la sculpture. Elle appartient, en effet, à une famille d’artistes où la peinture et la taille de la roche sont de véritables centres d’intérêt.

Wladislawa, est de ces femmes qui ferment les yeux en racontant leurs souvenirs, comme pour revivre des instants lointains. Alors, elle se remémore de grandes envolées à cheval, le sourire aux lèvres. Elle aime se comparer à un oiseau, libre d’aller où elle le souhaite. L'entendre égrainer ses souvenirs suffit à me faire voyager. Wladislawa est un livre ouvert où chaque page est une aventure, un souffle. Le souffle de la vie. Toujours à se satisfaire d'un petit rien : un rayon de soleil et la voilà heureuse.

Son poème préféré est La Géante de Baudelaire. Celui-ci désigne bien l'apaisement et la sérénité qu'elle dégage. Qu'elle ait été aide soignante ne m'étonne pas du tout. Elle est généreuse, attentive et s'intéresse à tout.

Nous sommes tous attendus au tournant par Madame Vieillesse mais si je pouvais lui faire une requête, je lui demanderais d'être comme ma chère Wladislawa : apprécier les petits riens, savourer le soleil et être heureuse de ma vie.

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