« J’étais première en Haute Couture »

Un témoignage de Simonne FONTAINE,
né(e) le 13 mars 1922
Mémoire recueillie à

J'étais première en Haute Couture, c'est moi qui dirigeais tout l'atelier. J'ai toujours travaillé. Vous savez la couture, c'est poignant, parce que sa change continuellement de forme et on peut toujours continuellement renouveler. Il faut savoir s'adapter à la mode actuelle, il faut s'adapter à tout, faut pas mettre tout de coté, se dire: « oh non, je vais faire comme ça comme ça, Non! »


J'ai commencé à coudre très jeune, j'avais 12 ans.


Je suis rentrée à l'école de couture, j'avais 14 ans à peine. Mais je savais déjà me débrouiller toute seule dans la couture en regardant faire. J'ai fait 2 ans d'école et après j'étais dans une maison de couture à Paris, je m’y suis pas plu, j'ai pris une autre maison de couture parce que ce n’était pas du travail qu'on faisait, c'était de la confection, moi je voulais faire de la couture et pas de la confection. Je voulais du travail proprement fait, sinon les patrons ne nous garde pas, ils nous disent ''au revoir!''.


Après, je me suis mise à mon compte, c'était dans l'avenue des Champs-Élysée. C'était dans les grands quartiers de Paris. On faisait des défilés de mode et on faisait des belles choses.


-C'était une grosse maison de couture?


-Pas très grosse maison de couture, c'était un jeune couple qui venait de s'établir, ils ont trouvé que je me débrouillais bien et ils m'ont pris moi! Donc, j'ai toujours travaillé avec eux. C'était des gens à l'époque des israélites et qui n'arrivaient pas à se caser, moi j'ai pu les aider avec mon savoir-faire et ils se sont bien débrouillés.


-Quel était le déroulement pour créer un vêtement?


-Il fallait d'abord faire des patrons vous même en papier après vous les copiés sur un tissu et vous les taillés. Et la il fallait que ça soit fait correctement. On faisait un modèle unique qu'on répétait et on faisait des nouveaux continuellement. Je faisais de tout, des robes, des manteaux, etc... Les gens choisissaient leur modèle par catalogue. Donc fallait faire la robe qu'ils demandaient, alors la c'est compliqué dans la couture. J'étais douée heureusement. Faut être rapide pour être couturière.


Il faut toujours aller de l'avant, si on ne va pas de l'avant, on s'en sort pas dans la vie!! Moi j'ai toujours été de l'avant, il faut faire et je fais. J'ai une volonté de fer comme disait ma mère. On était deux sœurs et il y avait que moi qui étais comme ça. J'étais comme mon grand-père, c'était un battant! J'ai tenu de lui. Les patrons que j'avais eus, ils m'estimaient beaucoup. Chez moi, il fallait faire le travail vite, très vite. J'aimais ce qui était bien fait, il ne fallait pas bâcler. On faisait un modèle, il était unique et il fallait le recopier continuellement.


J'adorais ce métier. J'aimais la couture. Toute jeune, je taillais des petites robes pour mes poupées. Et mes robes quand je faisais voir à des gens qui étaient de la couture, ils disaient « mais mon dieu, elle est vraiment douée cette gosse, elle fait des robes de poupées, mais on dirait des robes de grandes personnes ». Un bout de tissu et ça m'est venu comme ça, je commençais à tailler. Je regardais une figurine et je disais ''Tiens je vais essayer de faire ça'' et je faisais de moi-même. Dans la couture, il faut tenir quand même, il faut bien travailler.


J'ai tout quitté après, j'avais pris de l'âge et puis j'ai arrêté la couture. J'étais passionnée, j'ai toujours été passionnée par la couture.


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