La Marine Nationale

Un témoignage de Roger Reymund,
né(e) le 26 juillet 1932
Mémoire recueillie à


« J’ai été envoyé dans la marine nationale en 1953 à Hourtin où j’ai suivi une formation de quelques mois environ. (Je ne sais plus exactement, c’est la marine qui est spéciale.). C’était près de Bordeaux, dans un centre de formation maritime. Après je suis parti pour Koblenz ensuite à Bingen en Allemagne comme interprète. Après la formation et avant Koblenz et Bingen j’étais d’abord parti à Paris. Ensuite parti de Paris, je suis allé à Kehl, de Kehl à Bingen et de Bingen à Koblenz. Je restais dans ces villes jusqu’à ce qu’ils décident de nous déplacer ailleurs. Je savais parler allemand et puisque j’écrivais l’allemand ils m’ont alors mis à Koblenz comme interprète, puisque là-bas il y avait des ouvriers qui travaillaient pour la marine nationale. A Koblenz j’étais aussi cuisinier, parce que l’ancien cuisinier était feignant. Et comme mon commandant était un alsacien, il ne voulait pas manger « le Français ». Il voulait manger « l’Alsacien ». Et il a licencié l’ancien après six mois. Là- bas, on était à peu près une trentaine dans la « piaule ». « C’était pas la mer à boire.» L’ancien cuisiner venait de Brest, donc il faisait de la cuisine française. Plus tard, en 1954 j’ai fait du cinéma à Badenhaus. J’y suis resté deux mois à peu près. J’étais projectionniste.


Avant de partir pour la guerre d’Algérie je suis retourné quelques mois à Strasbourg chez mes parents. Un après-midi où je travaillais encore, des gendarmes sont venus vers 16 heures dans l’usine manufacture de vêtements « VESTRA » où je travaillais à ce moment là. Ils m’ont apporté la paye et m’ont annoncé : « Vous prenez le train pour Toulon ce soir à 23h. On est passé chez votre mère et elle vous prépare votre valise ». J’ai dit « merci !». Alors j’ai tout de suite arrêté de travailler et suis parti. Je suis arrivé à Toulon à 13h30 le jour d’après. On venait d’arriver, on voulait aller se promener mais à 15h on portait déjà l’uniforme de la marine et on passait chez le médecin. Le lendemain matin on a été embarqué sur le quai Rouhan à Marseille pour l’Algérie. Le prochain jour on est parti à Sirocco au centre de formation pour devenir fusiller marin, où notre formation pour le combat a duré à peu près un mois et demi.


Il y avait à peu près dix-sept camarades qui sont morts là-bas à Nemour lors du combat, l’aumônier qui a enterré mes camarades était commandant de la gendarmerie nationale, il a fait la dernière bénédiction. »


J’étais ensuite à (Housting), j’étais à (Glamsing), pour effectuer des escortes. J’étais dans la section d’appuie, section de la protection d’Etat Major (« C’était pas la mer à boire avec eux »). Les patrouilles dans la nuit ça c’était le plus dur, il fallait faire attention, des fois « ils » portaient le même uniforme que nous.


Puis je suis rentré à Strasbourg mais d’abord en passant par Marseille. A Marseille on a pris le train pour Lyon, et à Lyon il y avait un commandant qui nous disait :


« Vous ne prenez pas ce train là ! » et alors on lui a répondu qu’on allait quand même le prendre ce train là, qu’il n’avait plus rien à dire, que ça faisait maintenant presque un an que l’on était en Algérie au combat. On a même rajouté : « Et vous, qu’est ce que vous avez fait pour mériter vos médailles ? » et il n’as plus rien dit, il est resté calme.


Voilà la Marine nationale et la Légion c’est les plus dur, surtout concernent la discipline et la tenue.




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