La musique à l’école

Un témoignage de yolande pianaro,
né(e) le 1 janvier 1970
Mémoire recueillie à


-« Je suis née à Saillans, c’est dans la Drôme.


Je suis née au début de la guerre. Ma mère était italienne, elle est venue en France très jeune, 20 ans pour enlever la soie des cocons. Mon père lui était dans les chasseurs alpins durant la guerre. »


Quelle élève étiez-vous ?


-« J’étais une assez bonne élève, je travaillais plutôt bien, j’étais appliquée. J’ai réussi mon certificat d’études avec mention bien. A l’époque, c’était très important, ce n’était pas rien ! C’était une grande fierté. Je m’en rappelle très bien.”


Vous étudiez quoi à l’époque ?


-« Le français, l’écriture, les mathématiques… Et aussi ce qu’on appelait autrefois « leçon de choses ». C’était de l’histoire naturelle. »


Une préférence ?


-« Le chant. J’adorais chanter. Je chantais beaucoup, j’étais une des meilleurs, j’avais une belle voix. Ils ont voulu m’emmener à Paris mais à l’époque ma mère n’était pas du tout d’accord.


On apprenait de nombreux chants, je m’en souviens encore. Je chante encore beaucoup, quand je peux. Je me souviens de toutes les paroles. Vous savez, j’ai toute ma tête ! »


Qu’avez-vous fait ensuite ?


-« J’ai continué à l’Ecole Supérieure jusqu’au brevet élémentaire et au brevet primaire supérieur. Cela m’a permis de préparer une l’Ecole Normale pour devenir institutrice. »


Avez-vous des souvenirs de vos professeurs ?


-« Oh oui ! Je me souviens de tous, sans exception, du début à la fin de ma scolarité. Je me souviens de leur nom et de leur visage à chacun. »


Vous aviez des cours religieux ?


-« Oui, on avait beaucoup de cours, du catéchisme, avec celles qu’on appelait " les demoiselles" .


Le dimanche était jour de promenade.


Plus grande, on allait danser au bal du village. D’ailleurs beaucoup de jeunes filles ont épousé des militaires. Ma sœur était l’une d’elles».


Que pensez-vous de l’école aujourd’hui ?


- "Les enfants devraient réaliser à quel point c’est important et la chance qu’ils ont. Il y a beaucoup trop de violence, puis ils sont bien gâtés !


Tout à tellement changé!


Il faut avoir le goût du travail, ne pas avoir peur. Vous savez, à l’époque on n'avait pas peur de travailler, on ne comptait pas nos heures et on ne se plaignait jamais. C’est plus comme maintenant. Trouvez votre voie, car si vous aimez ce que vous faites, c’est la clé du bonheur. »


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