La Rafle du 25 novembre 1943

Un témoignage de Renée-Jeanne Seckel,
né(e) le 28 juin 1921
Mémoire recueillie à


Ce jour là nous étions dans les bâtiments de chimie, de la faculté de Clermont Ferrand qui à l’époque dépendait de l’Université de Strasbourg et qui ont été transférés en 1939.


Nous étions dans une salle de cours avec notre professeur Mr Kirrman, en train de travailler et nous avons aperçu des soldats Allemands qui s’approchaient de l’Université, au début nous n’y avons pas prêtés attention et avons continué le travail.


Jusqu’au moment où les soldats ont commencé à crier « Hauts les mains » et nous ont demandé de nous rassembler au rez-de –chaussé.


Lorsque tout le monde fut rassemblé, ils nous ont déplacés en dehors des bâtiments en empruntant un chemin entre divers bâtiments de l’Université. Mais nous avons été bloqués ; une porte menant à l’extérieure ne s’ouvrait pas et les Allemands, pressés, nous demandaient les clefs, ils menaçaient alors de jeter une grenade. Une femme que je connaissais, Mathilde Fritz a finalement dit qu’elle savait où se trouvait cette clef.


Elle accompagnait les Allemands pour ramener la clef, puis elle a été emmenée à part.


(J’apprendrai plus tard que c’était à Birkenau). Le reste des étudiants a continué d’avancer sous les ordres des Allemands pour finalement être rassemblés sur la place principale pour un contrôle d’identité. Pendant que l’on attendait pour faire vérifier nos papiers, nous avons entendu un coup de feu et plus tard nous avons appris que c’était le professeur Collomp car il n’avait pas levé les bras assez vite. Lors de ce contrôle, les Allemands recherchaient toutes les personnes qui étaient nées en Alsace. Moi, n’étant pas née en Alsace, je n’ai pas été inquiétée, cela était également le cas d’un ami à moi qui était alsacien mais pas né en Alsace, par contre le professeur Kirrman a était emmené (j’apprendrais plus tard que c’était à Buchenwald)


Ils cherchaient également des résistants qui avaient été dénoncés par une allemande qui avait réussi à s’infiltrer dans un réseau de résistants. Mais quelques uns n’ont pas été arrêtés, ils ont réussi à se cacher au dessus de grandes armoires. Après le contrôle effectué, ils sont repartis et nous avons pu reprendre nos occupations.



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