La vie d’Emma (Saumur)

Un témoignage de Emma Lefief,
né(e) le 19 avril 1922
Mémoire recueillie à

-Quelle éducation avez vous reçu de vos parents ?
- Mes parents étaient bien éduqués. On était bien éduquer. C’était une bonne famille. Ni pauvre ni riche, bien sur. Ils travaillaient pour eux.
- Et à l’école ?
- J’étais turbulente et je faisais rire les autres. Je n’ai pas eux le certificat d’études, je n’y suis pas venu.
- Mais c’était plutôt strict ou plutôt tranquille ?
- J’étais souvent au piquet
- Et vous aviez des frères et sœurs ?
- Oui, un frère et une sœur. Mon frère avait 4 ans de plus que moi et ma sœur, elle avait 2 ans d’écart. Ca se passait bien avec mes frère et sœur.
- Elle était plus jeune ?
- Oui, elle était plus jeune que moi
- Et vos parents, ils étaient plutôt stricts ?
- Non pas assez même. Ma mère elle aimait bien les gars, elle s’occupait beaucoup de mon frère. Mon père il aimait mieux les filles, alors il me cédait tout.
- Quel à été votre plus grande histoire d’amour ?
- Mon mari il n’était pas d’ici, enfin mon futur mari bien sur. Et il est venu travailler par ici, c’était comme ça dans ce temps-là. On travaillait chez les gens. Il était en place. Je ne sais pas si vous avez appris ça. C’est à dire où il couchait il travailler. C’était une famille aussi de 4 enfants. Sa mère est « tombée veuve » de bonheur, alors il fallait travailler. La mère travaillait le soir. Il travaillait par ici parce que c’était les maraîchers. Il voulait faire ça et puis c’est comme ça que je l’ai connu. On c’est connues au bal. On s’est marié à 17 ans et puis voilà après on à travaillait aussi dans la maison de mes parents. On a pris la relève. On travaillait comme maraîcher. Et la vie est comme ça.
- Toute votre vie ?
- Oui, toute notre vie
- Et quelle culture ?
- De tout, des radis des fraises des haricots, des salades, des poireaux; tout ce qu’il fallait pour manger.
- Des bons légumes de saison ?
- Ah oui, c’est sur c’était meilleur que maintenant.
- Avez-vous des anecdotes de la guerre ?
- Bas oui, ça il y en a quand même parce qu’il y avait la route et plus loin il y avait une autre route qui donnait sur les champs. Et il y avait des fossés et ils m’étaient quelques choses pour passer dessus pour aller sur la grande route.
- C’était les allemands ?
- Oui, alors ils sont passé et sont venu dans la cour poser les matériels; et puis il y en avait qui avait des chevaux. Ils les mettaient dans l’écurie. D’ailleurs à l’époque ont avaient des vaches. Alors, ils ont pris la cour et ils ont mis tout le matériel dedans. Parce que moi, je n’étais pas hardi. On disait toujours que les allemands ils coupaient les bras au petit gars pour qu’ils aillent à la guerre. Mais ils y en a qui était très gentil avec nous. Parce que mon mari il a été en Allemagne alors ils discutaient ensemble.
Alors, il y avait un soldat qui avait la diarrhée et puis il n’y avait pas de médecin. Il n’y avait rien. Mon père il dit attend je vais chercher le majeur. Il est venu lui donner un médicament. Il dit vous n’avez rien à manger là dedans. Je dis non. Il dit vous avez du café. Je dis non j’ai du soja. Vous n’avez pas connu sa. On le faisait griller, ça faisait du café et puis il nous apportait du café et du chocolat ? Tout ce qu’on avait besoin. On n’était pas malheureux. On faisait ce qu’on voulait.
Enfin vous n’aviez pas trop le choix non plus. Ils ont fait des prisonniers dans la cour. Ils mettaient tous les couteaux en rond. Ca je m’en rappelle, ça m’a tellement choqué. Et après ils les ont amenés. Mon père me disait tu vois, ils sont prisonniers. Les pauvres hommes.
- Votre mari il a fait la guerre ?
- Oui, juste avant qu’on se mari, au mois de septembre, puisqu’après il voulait se faire une situation alors du coup il est revenu en 1940. Il était à Paris dans un fort. Alors, il gardait le fort. Et du coup ils sont revenus après, voilà.
- Comment était votre vie d’adulte ?
- Ma vie d’adulte; je me suis mariée jeune. Après, on s’est mis en ménage. Ma grand mère était morte alors on lui à pris sa terre. Elle avait une petite ferme aussi. Elle sait ce qu’on a vécu.
- Vous avez des enfants ?
- J’en ai 8, je les ai eux en même temps. Ce n’est pas comme maintenant.
- Et vous n’avez rien à nous dire sur vos 8 enfants ?
- Je les ai eu les un après les autres. Il n’y avait pas de pilules en ce temps et pas de télévision.
- C’était une grande famille.
- Oui, oui, ils étaient 8
- Ca faisait du monde à nourrir ?
- Moi j’allais dire sa faisait du monde pour couper les radis. Oui mais ils n’ont pas fait ça; ils ont pris des métiers après.
J’en ai un qui est boulanger mais il a eu un accident. Il ne peut plus faire le boulanger. La farine le gênait il pouvait plus. Pourtant il aimait bien son métier. Alors, il s’est débrouillé. Il est allé à Paris travailler un peu. La deuxième c’est une fille. Elle est restée un peu à la maison pour qu’elle s’occupe de ses frères et sœurs et puis s’occuper un peu de la maison. Et puis moi j’allais d’avantage dans les champs parce qu’on prenait du monde. Pour ramasser tout ça, il fallait du monde. La troisième elle a été travaillée à l’usine de médailles. Et puis le quatrième, il était menuisier, charpentier. Et puis le cinquième il était mécanicien; il y avait deux mécaniciens.
- Et une de vos fille vient souvent vous voir.
- Oui enfin, il y en a deux de fâcher et trois de mort, ça fait cinq de moins. Les autres ils viennent, pas tous les jours. Mon dernier fils qui est bien gentil aussi, voilà c’est tout ce que j’ai de beau à dire.
- Que pensez vous de a génération d’aujourd’hui, comparer à la votre ?
- C’n’est pas comparable. On ne peut pas comparer parce que ce n’est pas pareil. Les jeunes sont les jeunes de maintenant. C’est la vie qui à fait ça. Ca a évolué, trop évolué parce que ça va trop loin.
- On a eu beaucoup plus de chance ?
- Bas oui, peut être dans un sens, enfin je ne sais pas. Aujourd’hui il n’y a pas de travail.
- C’est vrai aujourd’hui sans argent c’est impossible.
- Oui c’est vrai, dans notre temps on mettait nos sous de côté acheter pour quelques choses. Je me rappelle on voulait une petite voiture, parce qu’il y en avait une qui était belle. Mais voilà, il fallait les sous. Enfin tout est comme ça. On n’avait pas l’argent pour l’acheter enfin voilà. Parce que maintenant les jeunes ils n’ont pas d’argent et ce n’est pas de votre faute. Ou alors il achète des choses dont ils n’ont pas besoin. J’ai eu aussi ma grand mère 9 ans parce qu’elle était chez elle. Elle est décédée à 87 ans. Elle était bien, elle était bien gentille. Alors, après ça, on a fait construire la maison avec les enfants, mais la on y arrivait quand même. Dans ce temps là, ça marchait. On y arrivait quand même tant bien que mal mais on y arriver quand même. Et on a payé la maison 2 millions 5, une maison de 6 pièces. Et maintenant je l’ai vendu 200 millions, ancien.
- Et ici à la sagesse (la maison de retraite), avez vous des idées d’animation ?
- Ca se passe pas mal, par un moment il y en a, mais la fille elle est enceinte.
- Mais vous est-ce que vous aimeriez faire quelque chose en particulier ?
- Bas oui, mais c’est pas nous qui décidons. Et puis comme il y en a une d’enceinte.
- Et il n’y a pas de remplacent
- Non
- Et vous ne vous ennuyer pas trop les après-midi ?
- On discute entre nous. Des fois il y a des chansons, des fois il y a l’atelier mémoire, c’est bien ça. Mais là, il n’y a plus rien de tout ça.
- C’est juste le temps de l’arrêt maladie.
- Bon bas voilà, je ne vois pas claire donc je ne demande rien. Il y a les petits chevaux, des jeux de sociétés mais j’y vois rien donc ce n’est pas pour moi. Il y en a qui marchent dehors mais ils sont rare les gens qui ont toute leur tête. Bon bas voilà.

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