La vie simplement

Un témoignage de Simone Marmonier,
né(e) le 1 juillet 1936
Mémoire recueillie à

Je m’appelle Simone Marmonier et je suis née le 1er Juillet 1936 à Villard de Lans.


Nous avions une ferme car mes parents étaient cultivateurs. J’avais un grand frère et deux sœurs. Ma maman est décédée quand j’avais douze ans. Avec mes aînés, nous nous sommes beaucoup sacrifiés pour ma petite sœur qui n’avait que cinq ans à la mort de ma mère. Ma grande sœur a tout fait pour qu’elle puisse faire ses études alors que nous nous n’en avions pas eu les moyens.


Nous étions une famille soudée et nous nous entendions plutôt bien…


Lorsque j’ai arrêté l’école, j’ai fait des petits boulots, par exemple j’ai travaillé dans une charcuterie pendant un an.


Puis en 1956, à l’âge de vingt ans j’ai été embauché dans une pension pour enfants âgés de six à treize ans. Ils venaient surtout pour les vacances. On allait tout le temps se promener, le matin et le soir. J’aimais beaucoup ce travail, je me portais souvent volontaire pour les garder et m’occuper d’eux. Grâce à ce travail j’ai pu voyager car on ramenait les enfants chez eux pour éviter à leur famille de venir les chercher ici. Je m’entendais bien avec les parents, ils me proposaient parfois de rester dîner et dormir chez eux. Je suis allée à Paris plusieurs fois et aussi à Marseille. C’était agréable comme travail mais la patience ne dure qu’un temps !


A l’époque je sortais souvent, j’allais au bal tous les dimanches soirs avec ma grande sœur. Nous avions notre bande de copains qui venait avec nous. Mon père était compréhensif pour ça, il nous laissait toujours sortir. Il y avait une bonne ambiance dans les bals musettes, nous étions beaucoup de jeunes à y aller.


Ce sont mes meilleurs souvenirs de jeunesse, on s’amusait bien…


C’est d’ailleurs là bas que j’ai rencontré mon mari. Nous nous sommes fréquentés pendant cinq ans puis nous nous sommes mariés à Villard de Lans.


Mon mari habitant Sassenage j’ai quitté mon travail à la maison d’enfants pour le suivre. En 1966, je suis donc arrivée à Grenoble où j’ai trouvé un emploi à la confiserie Cenou. Rapidement ils m’ont envoyé à l’usine de chocolat Cemoi, j’y ai travaillé pendant dix ans. Je m’occupais de l’expédition, de l’emballage et du pliage.


Au début je n’étais pas très à l’aise à l’usine mais je m’y suis faite, je n’étais pas bien difficile !


Lorsque l’usine a fermé, j’ai été au chômage quelques temps mais mon mari est tombé malade et j’ai dû faire des ménages. Je me suis beaucoup occupée de lui, il est devenu hémiplégique à la suite d’un cancer du poumon. Il est mort en 1973, à seulement cinquante trois ans alors que nous avions encore pleins de choses à vivre…


Voilà c’est tout ce que j’ai à raconter… Ma vie a été tranquille et simple, comme je l’ai toujours souhaité.


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