Le temps de ma jeunesse

Un témoignage de Yvonne Lichtwarck,
né(e) le 12 janvier 1924
Mémoire recueillie à

On a fait des voyages pendant la guerre. Je suis allée en Allemagne pour faire mes études à Tullingen, c’est entre Stuttgart et Munich. C’est une ville universitaire de médecine, une très jolie ville. Il y avait des étudiants français, allemands, italiens, belges et d’autres. C’était la guerre, mais on ne s’en n’est pas rendu compte, nous n’avons pas été remonté par la politique. Les professeurs étaient formidables, ils ne nous ont pas envahis de politique. Puis quand on était libre, on allait au musée où il y avait une grande salle dans laquelle on écoutait ce qu’il se passait à l’université. Derrière il y avait un restaurant où on mangeait des pommes de terres rôties avec de la compote de pomme pour cinquante pfennig, ce n’était pas cher, c’était la moitié d’un mark. Alors la guerre est finie, on a eu nos diplômes et nous sommes rentrés en Alsace. Malheureusement nos diplômes n’ont pas été reconnus parce qu’ils n’étaient pas français. Juste après la guerre, il y avait encore une certaine animosité entre l’Allemagne et la France. A notre retour, on a donc fait l’Ecole Normale pendant quatre mois et j’ai eu une place de professeur d’histoire en Algérie au lycée Gambetta à Oran. A l’époque, c’était occupé par les français et c’était une très belle ville. Les musulmans habitaient en périphérie dans leur gourbi. Il y avait même de belles églises et une belle cathédrale, même à Oran où je faisais souvent du catéchisme le dimanche avec deux abbés. Je rentrais en France pendant les vacances. Je suis donc allée à Oran en 1948 et je suis restée jusqu’en 1955 au début de la guerre d’Algérie.


J’ai rencontré mon mari en 1954 en Afrique du nord. Il avait été fait prisonnier de guerre parce qu’il était parachutiste dans l’armée allemande. Il a d’abord été fait prisonnier par les Anglais puis par les Français qui les ont mis dans la légion étrangère dans le Sahara à Colomb Béchar (base aérienne). Un jour je suis sortie à Oran et j’ai entendu des gens parler allemand et c’est là que j’ai rencontré mon mari. Il avait fait l’école des officiers à Berlin.


De retour en France, mon mari faisait de l’exportation pour une usine française puis une usine italienne et donc on voyageait pour ses affaires.

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