L’école dans le Morvan

Un témoignage de Ginette Bloas,
né(e) le 1 janvier 1970
Mémoire recueillie à

Ou étiez-vous à l’école Ginette ?


-« J’étais à l’école dans le Morvan où je suis née. On a un souvenir radieux de notre enfance, de notre jeunesse. […] On n'a pas mal été chouchoutées, bichonnées, je n’avais qu’une sœur qui était sensationnelle.


On a passé toute notre vie pas loin l’une de l’autre, elle n’est plus là malheureusement. C’était euphorique toute la période scolaire, mais il y avait beaucoup de discipline. Il y avait les écoles de garçons et les écoles de filles, on n’était pas ensemble. Les maîtres ne nous mélangeaient pas, par exemple les bagarres de neige de fin de journée les maîtres n’admettaient pas tellement ça ! On s’amusait mais c’était très compartimenté. Enfin on avait d’excellents maîtres, de grandes classes. Il y avait des élèves de la maternelle au primaire dans la même classe. Ils avaient des classes difficiles, mais pas de gros effectifs. On était une trentaine d’élèves, ma sœur était plus jeune que moi donc elle était dans une autre classe. »


Et vos professeurs, les matières en classe… ?


-« On avait une directrice qui était très présente. Il y avait un poêle au milieu de la pièce comme il y avait énormément de neige tous les hivers. C’était très dur le Morvan comme climat. Et on venait autour, on mangeait dans la classe avec les copains, c’était absolument sensationnel.


C’était la cantine, il y a 70 ans, on était très près les unes des autres. Il y avait des divisions, mais des divisions qui n’étaient pas des divisions d’ententes. On se rappelle des noms, c’était très convivial, on se connaissait toutes, on se suivait très longtemps, c’était une petite ville et on finissait par se connaître toutes. On travaillait toutes, on était une classe studieuse, on adorait apprendre. »


Comment vous voyez l’école de notre époque par rapport à la vôtre ?


-« C’est aux antipodes. Je pense qu’il y a plus de carences dans l’éducation de maintenant, mais qui sont compensées par tout ce que vous apprenez à l’extérieur, avec les moyens de communication. Nous on vivait en circuit fermé, on apprenait que grâce à la maîtresse. On n’écoutait pas la radio, on n'apprenait et on ne retenait que ce que la maîtresse nous disait.


Elle était d’ailleurs passionnée par son métier, Melle Papon. Elle avait un très grand châle pendant les récréations. On était très disciplinées. »


Vous l’appréciez beaucoup cette Melle Papon ?


-« Oui ! On aimait notre maitresse. Elle était très sévère mais on l’appréciait énormément.


On est même retournés avec mes parents pour la voir mais elle n’était plus là. J’aurais aimé la rencontrer pour parler de tout ce qu’elle nous a enseigné. C’était de vrais maîtres qui nous demandaient beaucoup, qui nous donnaient beaucoup. Ils étaient passionnés par leur métier. »


Ils étaient donc vraiment derrière vous…


-« Absolument, quand on rentrait dans la classe on avait le contact avec les maîtres, et puis ils connaissaient tout le monde. C’étaient des psychologues


Je me rappelle de quelque chose de strict mais aussi de familier et de convivial. Notre maîtresse, elle aimait ses élèves. Mais ça c’était les écoles de filles. Je ne sais pas comment ça se passait chez les garçons, c’était peut-être plus dure, on était séparé avec les garçons. Elle nous connaissait chacune. Chaque année, il y avait aussi des prix. C’était extrêmement important c’était là où il y avait le conseil municipal, on était en grande tenue et ils distribuaient les prix à celles qui avait le mieux travaillé. »


Il y avait plusieurs catégories de prix ?


-« Non, il y avait le prix d’honneur puis le prix d’excellence, et après ils devaient y en avoir d’autres. Mais comme avec ma petite sœur on était de très bonnes élèves, on avait souvent ceux-là et je ne me souviens plus des autres. Le prix d’honneur et le prix d’excellence c’était un grand bouquin que nous donnait le maire. C’était une cérémonie annuelle qui était très très attendue. S'il y avait des piles de livres, on devait peut être avoir un livre par élève. »



array(0) { }