Ma vie dans les Landes

Un témoignage de Marcelle B.,
né(e) le 7 mars 1921
Mémoire recueillie à


Je suis née en 1921, dans les Landes et j’y suis toujours restée.


Je suis née dans une maison en bois dans un baraquement qui a servi au moment de la Première Guerre Mondiale. J’avais 2 sœurs et un frère. Mon grand frère à malheureusement été tué à l’âge de 20 ans durant la guerre, mon plus beau rêve serait de le revoir. Ma sœur vit toujours à Mont de Marsan. Mes parents parlaient le « Patois » avec mes grands- parents et un peu le français avec nous. Nos parents nous aimaient mais ils ne le montraient pas.


Nous allions à l’école à 5 ans et nous n’avions pas d’autres distractions. On allait à l’école à pied avec nos sabots et on devait faire 3 ou 4 kilomètres aller et retour, il n’y avait pas de voitures, c’était des attelages (voiture), il n’y avait rien à cette époque.


On était pas très heureux, car nous étions pauvres, mais on n’était pas malheureux non plus. Pas de cinéma en pleine campagne, on faisait les devoirs après l’école, on aidait à la ferme. Il n’y avait pas de vacances, ça n’existait pas. Vous ne pouvez pas comprendre. On ne s’amusait pas à cette époque, les amusements étaient rares. On allait à la messe tous les dimanches plus les vêpres l’après-midi, les chansons étaient en « Patois ». On écoutait la radio pour les infos pour économiser le courant. J’ai vu apparaitre le courant mais avant c’était la bougie on se les faisait avec de la cire d’abeilles. Mon cousin faisait de la musique, de l’accordéon.


A cette époque il y avait beaucoup de familles illettrées. Ma grand-mère avait un cœur d’or, mais elle était soumise à mon grand-père, elle ne savait pas lire, la condition féminine a changée de nos jours. Nous étions des familles très nombreuses, les couples de parents cohabitaient, s’entraidaient, aujourd’hui on ne s’entend plus, heureusement chacun est chez soi. Il y avait beaucoup d’entraide, je me souviens de la gentillesse des voisins, d’un couple notamment.


Je suis venue à Captieux après mon mariage en 1949, j’avais 27 ans et mon mari 40, nous n’avons pas eu d’enfants, mais nous en avons élevés pleins.


Mon mari était prisonnier de guerre, moi j’ai été aide ménagère et j’ai fini à la poste. J’ai aussi été aide soignante pendant 8 ans et demi à Mont de Marsan. J’ai également soigné ma belle sœur et mon beau père ainsi que des personnes à domicile pour des piqûres.


Aujourd’hui on a une plus grande espérance de vie qu’autrefois, on vivait à peine jusqu’à 60 ans.



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