Mai 1940 déclaration de Guerre

Un témoignage de Andrée PRUNIER,
né(e) le 3 octobre 1926
Mémoire recueillie à

Mai 1940 - Déclaration de guerre entre la France et l'Allemagne



« J’habite à Cambrais dans le Nord de le France. Depuis huit jours déjà les belges fuient la menace allemande et traversent notre ville, direction le sud de la France. Ce jour, mon père, fonctionnaire reçoit l'ordre de rejoindre la Bretagne. C'est « l'évacuation ». Notre départ avait été prémédité par mes parents, voiture révisée et chargée de tout ce qui nous paraissait le plus important, pour atteindre Niort dans les Deux-Sèvres où j'avais mes deux grands-mères. Notre voiture transporta 5 personnes, notre famille et deux amies ainsi que nos deux chiens. Mais au dernier moment, un collègue de mon père, sans voiture lui, nous demande d'emmener sa fille de mon âge et son petit frère. Nous voilà à 9. Heureusement qu'il y avait les strapontins ! Mon frère ayant collé sur le pare brise « urgence service public »; toutes les sorties nous sont ouvertes. Enfin partis de Cambrais nous arrivons sur une route où je me souviens des avions allemands lâchaient des bombes un peu partout, flaque de sang sur la route, des gens tués par le bombardement qui n'arrêtait pas... une horreur que je n'ai jamais pu oublier ! Nous continuons notre route sous la menace des avions. Des gens à pied, beaucoup de Belges quittaient leur pays, espérant arriver dans le Sud. Enfin deux jours après nous arrivons à Niort dans les Deux-Sèvres où mon frère et moi sommes restés tout l'été dans la famille. En septembre nous rentrons à Cambrais pour la rentrée des classes. Il fallait fournir des papiers pour passer les deux lignes de démarcation. Pour la deuxième ligne, je me souviens de la police allemande qui tenait en laisse des gros chiens sur le quai de la gare, prête à les lâcher à la moindre désobéissance de ce qu'ils avaient décidés. Ma mère avait obtenu deux faux laissez-passer, seule ma grand-mère n'avait pas pu s'en procurer. Heureusement la consigne était moins sévère le dimanche. Enfin dans le train direction Cambrais !! Nous respirons mais avec une appréhension qui nous poursuivis jusqu'à notre arrivée. Ma maison à était pillé par des voisins envieux. Je me rappel que j'ai vu des bombes tomber du ciel et je me rappelle d'un cheval mort sur la route. Dans la maison de Cambrais il ne restait que 5 matelas et la maison était occupé par les allemands à notre retour. Les allemands étaient très corrects et quand mon père est allé leur demander de récupérer la maison, ils la lui ont rendue sans faire d'histoire. Je continué d'aller au collège et j'essayais de ne pas m'occuper des histoires des allemands. Mon père avait des comprimés en permanence sur lui au cas où il se fasse attraper par les allemands. Ces derniers avaient un certain respect pour papa car il était fonctionnaire. Mon frère voulait être prof d'anglais. Mais il a dû se cacher chez des gens qu'il connaissait où il cultivé la terre car sinon il aurait été réquisitionné.
Les Vacances
Nous sommes le 1er Août. Vive les vacances ! Avec ma famille, nous arrivons à Coulon, un village au bord de la Sèvre, près de Niort. Mes grands parents habitent face à la passerelle qui permet de traverser la rivière. Un bon poste d'observation pour moi le dimanche matin car les habitants de cette partie de Coulon passaient par la passerelle pour aller à la messe. Des deux côtés de la rivière, des bateaux que l'on manœuvre à l'aide de rames, et des pigouilles sont accostés au quai de chaque maison. Chez ma grand mère il y en avait deux : un pour nos pères pêcheurs, le père de mon cousin et le mien, et l'autre qui est constamment occupé par nous, les jeunes, pour aller faire un tour dans le marais voisin. Car si nous nous promenons tous les jours c'est en bateau ! Nous empruntons toutes les voies d'eau qui s'étirent dans le marais et qui permettent d'y passer la journée si on veut, mais sans jamais passer par le même chemin d'eau. En passant, les vaches conduites en bateau jusqu'à leurs prés, nous regardaient de leurs grands yeux étonnés. Et un calme dans ce marais ! Même nous les jeunes nous n'élevons pas la voix pour bavarder. Nous nous arrêtons à une cale qui nous permet d'accoster notre bateau et de mettre pied à terre. Là, pique nique avec seulement le murmure des feuilles au dessus de nous et le clapotement d'un bateau qui nous dépasse. C'est le repos complet ! Mon grand âge ne me permet plus d'y retourner mais de toute façon je n'y retrouverais plus le calme maintenant, dans ces routes d'eau et de verdure. Ces bateaux qu'on y rencontre et qui promènent leurs clients n'apprécient plus comme autrefois le calme et la beauté du paysage.
Les Bals populaires
Mlle Prunier allait souvent au bal car sa maison était située de l'autre côté de la salle de bal. Elle y allait tous les samedis et tout les dimanches soirs. A cette époque elle habitait à Beauvais elle avait entre 17 et 18 ans. Il n'y avait pas d'occasion particulière pour ce genre de bal, simplement une envie de se détendre et de s'amuser. Il fallait payer un petit quelque chose pour entrer dans la salle de bal ou un petit orchestre avec un accordéoniste jouait de la musique. Il y avait toujours un groupe de pimbêche plus fortunée qui ne se mélangeait pas au autre gens. C'était une très bonne ambiance et je ne pense pas qu'il y a des fêtes similaires aujourd'hui.

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