MAMA CORSICA

Un témoignage de Irène Guidicelli,
né(e) le 29 août 1920
Mémoire recueillie à

J'ai grandi dans un petit village du nord de la Corse appelé Luri où j'ai vécu une enfance heureuse en compagnie de mon frère et ma mère. Mon père était gardien de phare en Indochine. Il est revenu en 1947 éprouvé par la guerre.
En 1937, j'ai quitté mon village natal pour aller à l'école normale d'Ajaccio. C'est là que j'ai rencontré mon futur mari, Pierre, que j'ai épousé six ans plus tard en Août 1943. D'ailleurs il me revient un souvenir de cette période étudiante : certains soirs nous avions le bonheur d'entendre le frère de Tino Rossi nous chanter la sérénade sous nos fenêtres. D'ailleurs il chantait beaucoup mieux que Tino. J'aimerais aussi parler de ma famille qui a beaucoup d'importance pour moi. Mon mari est parti en Décembre 1943 à l'école d'officier de Sherchel en Algérie et en est revenu deux ans plus tard. Ce retour a été l'un des meilleurs moments de ma vie car c'était la première fois que Pierre voyait son fils Maurice (né en 1944). Quatre ans après, mon deuxième fils Jean-François est né. A cette époque nous étions à Castres depuis deux ans pour des raisons professionnelles. En effet nous sommes partis en 1947 pour Castres où Pierre avait été nommé économe de lycée professionnel. Ensuite il a intégré l'ENNA (Ecole Normale Nationale d'Apprentissage) à Paris pendant six mois. En son absence je m'occupais des enfants. Puis nous sommes partis à Oyonnax en 1958 où j'ai passé le concours de professeur des collèges. Nous y avons passé six ans avant de nous installer définitivement à Lyon. Mes années lyonnaises ont été les plus heureuses. Mon métier y a été pour beaucoup car j'ai apprécié de travailler comme professeur de mathématiques. Mes rapports avec les élèves étaient bons, je n'ai pratiquement jamais collé un élève. Mon seul regret est d'avoir jeté mes carnets de notes. Je me souviens aussi de très agréables moments passés pendant nos vacances. Elles se déroulaient la plupart du temps en Corse dans la maison familiale avec les enfants. Puis à partir des années 1980, une fois à la retraite, je profitais de ces moments avec mes petits et arrières-petits enfants. A la même époque, mon mari et moi avons créé un club du 3ème âge à Luri qui existe toujours. Sa devise est « Soleil é Fucone » que l'on peut traduire par « Soleil et Hiver ». On y faisait des fêtes, des balades et des voyages. J'ai également eu la chance de visiter certains pays comme la Grèce, la Russie, l'Egypte... Cela reste aussi de très bons souvenirs. J'accorde également une place importante aux loisirs. Je suis passionnée par le sport depuis toujours, il m'arrive encore de lire l'Equipe. Je supporte Lyon « Allez Lyon tant qu'ils ne jouent pas contre Saint-Etienne ». Mais j'aime aussi le rugby. Mon seul regret est de ne pas avoir eu l'occasion de faire du sport : « Je suis une sportive dans mon fauteuil ». Une autre de mes passions est la musique j'écoute des chansons de mon époque comme Jean Ferrat pour ses textes engagés ou dans un autre registre Yves Duteil. Mais je connais aussi des chanteurs d'aujourd'hui tel que Christophe Maé et Julien Doré.

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