Le mariage c’etait l’indépendeance

Un témoignage de Reine TOUCHE,
né(e) le 16 mai 1924
Mémoire recueillie à

Originaire de Saint-Etienne, j’ai grandi et vécu au quartier de Montaud.

Mon père était gouverneur aux mines et dirigeait les équipes du Puits Sainte-Marie.

Ma mère travaillait à la Manufacture d’Armes  de Saint-Etienne.

Ma sœur ainée est décédée à 18 ans des suites de la maladie bleue, une maladie du cœur. Lors du décès de ma sœur, j’avais 6 ans.

Concernant ma scolarité, j’ai étudié à l’école TEZNAS DU MONTCEL afin de valider mon certificat d’études à mes 14 ans.

Par la suite, j’ai commencé à travailler en tant que STENO-DACTYLO. Mon travail consistait à pratiquer la sténographie et la dactylographie pour le compte de mon supérieur hiérarchique.  La saisie des textes se faisait sur la machine à écrire. J’ai exercé ce métier jusqu’à ma retraite au Lycée Etienne-Mimard.

Entre temps, j’ai également occupé le métier de femme de ménage. Je travaillais chaque matin de 5h00 à 7h00 et chaque soir de 19h00 à 21h00.

Mon mariage fût l’un de mes plus beaux souvenirs. Je me suis mariée à 18 ans à l’Eglise de Montaud.

J’ai rencontré mon mari à mes 17 ans. Il avait  10 ans de plus que moi. Il était cheminot, ce qui nous permettait de bénéficier de la gratuité des trains.  . De ce fait, nous avons beaucoup voyagé. Nous avons visité l’Italie, l’Espagne et la Belgique.

Ce mariage m’a permis d’avoir  une grande liberté.  Pour moi, « Le mariage c’était l’indépendance ». Je faisais beaucoup d’activités avec mon mari. J’allais  danser et j’adorais  cela. Durant les bals, je dansais la JAVA, le TANGO ou la VALSE.

Mes amies m’enviaient car elles n’étaient pas encore mariées et ne pouvaient profiter de cette liberté.

Autrefois, l’éducation était très stricte et la jeunesse bien plus sévère. Mon plus beau souvenir a été la naissance de mon fils, le 19 avril 1944. J’avais 20 ans. Ce fût la période où je travaillais comme femme de ménage jusqu’aux 6 ans de mon fils.

J’ai également vécu en période de guerre. Heureusement mon mari n’a pas été mobilisé.

Vivre sous les restrictions avec des tickets correspondant au strict minimum était très difficile.

Mon père avait la chance de posséder un jardin a Montaud ce qui nous a permis de manger différents fruits et légumes en cette période.

Aujourd’hui je constate le gaspillage de toute la nourriture et je trouve cela bien triste.

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