Mes souvenirs d’Antan

Un témoignage de Angèle Bollini,
né(e) le 11 avril 1938
Mémoire recueillie à

Melle Bollini est une femme avec une mémoire remarquable.
Elle est très active car tous les week-ends elle sort pour se divertir. Elle aime beaucoup jouer au Loto et gagne parfois des lots. Elle va souvent au cinéma Pathé de Valence, à des concerts ainsi qu’à des ordinations de prêtres.


« Je suis née sous le nom de mon père Wassiltchonko, et maman est décédée lorsque j’avais 6 ans et mon frère, Serge, 5 ans. C’est notre tante (la sœur de maman), qui nous a adoptés tous les deux parce que mon père ne s’occupait pas bien de nous. Un jour, il est venu voir ma tante pour lui réclamer notre pension, alors elle lui a dit qu’il n’aurait rien parce qu’il ne faisait rien pour nous.
Il est mort à 53 ans, et notre tante nous a donc adoptés, ainsi nous avons changé de nom pour celui de Bollini. Ensuite elle s’est mariée avec X, qui a construit une maison à Montoison dans la Drôme, où nous avons habité.
J’aimais beaucoup mon oncle Gabriel qui travaillait dans une scierie, mais le pauvre est mort jeune, étouffé par de la sciure de bois.
Mon autre oncle Jean était moins gentil, il était alcoolique et est mort de l’asthme.
J’ai eu un amoureux, Robert qui avait une chienne Alpha, mais son père lui a dit de la mettre dans un chenil, puis il l’a mis dehors.
Robert est donc venu vivre chez moi pendant deux ans et demi, il était tisseur et avait sa machine à tisser dans le salon. Après on s’est séparé parce qu’il m’empêchait de dormir.
J’ai travaillé dans beaucoup d’endroits différents.
Mon premier métier était repasseuse dégraisseuse au CAT de Gerland à Lyon. Ensuite, au bout de trois ans j’ai obtenu mon diplôme de CAP pour travailler dans les ateliers de matières plastiques, je soudais et cousais les sacs, plus de mille à l’heure.
Après j’ai travaillé dans une usine de plastique à Lyon, mais aujourd’hui elle est fermée parce qu’elle a fait faillite.
J’ai ensuite été femme de ménage chez une fleuriste, rue de Marseille à Lyon, la patronne était très gentille, elle me payait le bus pour venir travailler tous les jours, parfois j’apportais des corbeilles de fleurs pour des funérailles ou des mariages, alors les gens me donnaient des étrennes.
Par la suite j’ai travaillé à la maison de retraite Saint-Benoît, Bénédictine de la Rochette pendant six ans, je travaillais avec des sœurs, je faisais le ménage et je m’occupais de douze personnes. Je faisais le travail d’une aide soignante, je nettoyais leurs chambres, je les lavais et les emmenais aux toilettes…
Mais après les sœurs ont déménagé à Belmont Tramonet, en Savoie parce que des vaches et des inconnus sautaient le mur durant la nuit. Je suis allée les voir une fois et j’ai revu des sœurs que je connaissais mais certaines étaient décédées.
Je suis revenue sur Valence et j’ai de nouveau travaillé comme femme de ménage, cette fois chez les sœurs du Saint Sacrement, rue Victor Hugo.
J’ai aussi travaillé pendant deux ans au restaurant la vieille ferme à Montmeyran, j’y allais en vélo tous les jours, il y avait 5 km, je faisais le ménage, la préparation des entrées et aussi la plonge. Les patrons étaient infernaux mais leur fils était très gentil. Une fois la patronne m’a fait tomber le couvercle d’une cocotte minute sur la tête lorsque je faisais la vaisselle. Son fils n’était pas très content. Quelques temps après il est parti travailler dans une confiserie à Valence parce que c’était à côté de chez lui.
Ensuite j’ai travaillé à Chabeuil durant sept ans, à Saint Joseph de Cluny, et là j’étais dame de maison, je faisais les courses, j’allais à la poste…
J’ai terminé ma vie professionnelle en travaillant pendant 20 ans, jusqu’à ma retraite à 60 ans, au CAT des Colombes à Valence. Je travaillais à la chaîne pour des entreprises telles que Reynolds, Sagem…
J’ai eu une vie professionnelle très remplie ! »

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