Mme Alicot et l’enfance

Un témoignage de Charlotte ALICOT,
né(e) le 7 juin 1918
Mémoire recueillie à

A l'époque, j'habitais à Asnières, près de Paris. Tous les ans, je partais en vacance au village de Saint-Simon, près de Toulouse. J'allais dans une villa appelée Les Ormes. C'était chez la grand-mère de ma cousine, que je considérais comme ma grand-mère. C'était là où je passais mes meilleures vacances. Mon autre grand-mère était assommante, et ne nous aimait pas de trop. Il y avait moi et ma sœur, ainsi que toute la famille d'une autre cousine. Pendant ces vacances, je jouais souvent au tennis avec ma sœur, en effet, ma voisine possédait un terrain chez elle, c'était d'ailleurs le seul endroit où je jouais au tennis. Le dimanche, on allait à la messe à pied, il y avait entre un et deux kilomètres. Après la messe, le curé venait manger chez ma grand-mère. J'ai eu une jeunesse très religieuse, que j'ai conservée jusqu'à ce jour. Saint-Simon est un gros village. Ma grand-mère possédait une grande maison en briques, il y avait une grande chambre à l'étage et tout le reste au rez-de-chaussée. Il y avait un grand parc, c'était une grande prairie ronde qui allait du portail jusqu'au perron. Après ces vacances, nous allions voir notre grand-mère maternelle, dans un village se nommant Saint-Marcel, situé près de Narbonne, aussi proche de Saint-Nazaire d’ Aude. Ce village était entouré de beaucoup de vignes, et au moment des vendanges, cela empestait le vin. Maintenant que j'y pense, cela a une odeur de jeunesse. Ces vacances étaient aussi pour nous l'occasion d'aller à la mer. Comme lieu, il y eut aussi Nîmes. Je me suis mariée en 1935. A ce moment là, je suis partie à Nîmes, j'y suis restée jusqu’à la mort de mon mari avec mes enfants. C'était une ville belle par la pierre mais sinistre par l'ambiance et je m'y suis ennuyée. Les corridas de Nîmes étaient le seul moment où la ville s'agitait. J'ai horreur qu'on tue les bêtes, le jour où j'ai vu un taureau tué, un taureau mort qui sortait des arènes, je n'ai plus voulu sortir pendant cette période. La veille de la corrida, on lançait un taureau dans la ville, et les gens (souvent jeunes), couraient avec un tissu rouge afin de l'exciter, puis se retiraient au dernier moment. Je n'ai pas un très bon souvenir de Nîmes.

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