« Mon père était garde mobile à cheval »

Un témoignage de Nadine Solé,
né(e) le 9 décembre 1930
Mémoire recueillie à

Je m’appelle Nadine Solé de nom marital, sinon je m’appelais Nadine Bazile du nom de mon père. Je suis née en 1930 et maman était célibataire. Mère célibataire en 1930 et elle s’est mariée en 1933 avec un garçon. Ses parents étaient métayers dans une ferme en allant à Vaour au Moues. Mes grands-parents paternels étaient là, ils se sont mariés en 1933, ici à Penne. On y est resté. Papa, il était ouvrier agricole, il travaillait avec ses parents au Moues, mais on n’y a pas habité longtemps. On allait à l’école à St-Bas, c’était la maternelle, la petite école. J’ai été à l’école ici, puis papa a voulu avoir un métier. Il est devenu garde mobile à cheval et on est parti à Daule.
C’est quoi garde mobile à cheval ?
Garde mobile à cheval, c’est un gendarme. Ca s’appelait comme ça, ils avaient l’uniforme et ils travaillaient à cheval comme maintenant la garde républicaine et à ce moment là, il y avait la caserne. C’était dans le Jura donc il partait à Besançon, à Montélimar, il partait souvent en déplacement. Il s’occupait de son cheval et de celui du capitaine. On est resté jusqu’en 35-36. C’était un garde de plus et il a voulu être gendarme alors là on est revenu ici à Penne. Et puis on venait pendant les vacances. On est revenu ici, il a été nommé gendarme à cheval toujours pareil mais seulement en Algérie. Alors, il a fallu partir en Algérie, on est parti à Marseille et on a embarqué sur le bateau, il n’y avait pas d’avion à l’époque.
C’était super, les conditions de bateau pour partir là-bas. Ca se voit que l’on avait du payer ou quelque chose comme ça. On avait la cabine et je me rappelle pas combien de jours cela avait duré le voyage. Je crois que ça avait duré deux, trois jours et on avait débarqué à Oran. Et puis de là on est parti à Tiaret qui se trouve près de la Kabylie parce que pas loin on voyait les montagnes, les hauts plateaux. Tiaret c’était une ville assez grande, il y avait cinquante milles habitants quand même. On y est resté trois ans aussi, j’avais tout juste sept ans en 37.
Là-bas, oui il y avait plein de choses alors déjà on avait une aide ménagère, on les payait pas beaucoup, la vie était moins chère. On allait au marché, on mangeait des paellas et du couscous. Il faisait des calandres. Quand la guerre, s’est déclarée donc mon père n’a plus voulu rester là-bas et il a démissionné. Il a dit parce que la guerre s’est déclarée et peut être que l’on ne pourrait pas rentrer de quelques temps en France et il a voulu revenir ici quoi. Ce qui fait qu’en 40 ans on s’est retrouvé à Penne de nouveau. Et là, je suis repartie à l’école du village.


Est-ce que le dimanche vous travailliez ?


Le mercredi soir, je remontais avec mes parents pour passer le jeudi avec eux. On montait à pied six kilomètres. Et comme la route était assez tortueuse on prenait des raccourcies. On descendait au pic là-bas en bas. Au lieu de continuer la route, on prenait des sentiers. On avait des sentiers et moi j’allais jusqu’au pic là-bas, il y avait trois kilomètres. Et voilà, on se retrouvait là pour aller à l’école le vendredi matin et moi je restais ici chez ma grand-mère maternelle. Mais eux, tous les matins et tous les soirs, ils descendaient, il y avait personne alors ils apportaient la gamelle pour manger à l’école parce qu’il n’y avait pas de cantine cela n’existait pas. Alors, ils portaient la gamelle et il fallait faire le feu à l’école.


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