Mon plus grand métier, c’est fleuriste

Un témoignage de Louise Descuns,
né(e) le 2 juillet 1920
Mémoire recueillie à

Alors, mon plus grand métier c’est fleuriste. J’étais fleuriste naturelle et artificielle. J’avais des apprentis, on faisait des compositions et dans l’ancien temps on faisait la perle, c'est-à-dire, lors des décès, on faisait des couronnes, des modèles. J’y suis restée 36 ans. J’avais mon patron et en plus je faisais autre chose : ma mère était dans la Dordogne, elle avait un restaurant, et moi, comme j’aime faire la cuisine, je l’aidais. Et puis après, je retournais chez mon patron à Toulouse. J’ai appris le métier de fleuriste car j’ai été élevée par ma tante et ma grand-mère et ma tante était fleuriste. Avant, on ne demandait pas aux enfants ce qu’ils voulaient faire dans leur vie … enfin si, certains pouvaient se payer les études. Mais moi, sitôt que j’ai eu mon certificat d’études, je suis devenue fleuriste, mais à ce moment-là ce n’est pas ça que j’aurais voulu faire. Moi je n’ai pas suivi les études, j’ai eu uniquement mon certificat d’études à 11 ans. Car à 11 ans et demi, je travaillais chez mon patron, c’était en 1931. Les lois n’existaient pas … Nous, on faisait 60 heures par semaine. Je vais avoir 90 ans au mois de Juillet alors je suis de l’ancien régime ! Et c’était normal de travailler le samedi, on travaillait du lundi au samedi. C’était normal … L’ambiance avec les autres et le patron, ha ! C’était beaucoup mieux que ce qui se passe maintenant !! On était proche, on parlait de beaucoup de choses. On était une trentaine de salariés à cette époque là. J’ai été à l’école à Saint Aubin. Toute jeune j’étais à l’école libre, et puis après j’ai été à l’école communale où j’ai passé mon certificat d’études. On était environ une trentaine par classe. Les professeurs, ils n’étaient pas comme maintenant… quand ils voyaient qu’on n’avait pas compris quelque chose, on allait leur demander et ils nous expliquaient pendant les récréations. Ils s’occupaient de nous davantage que maintenant.
Les jeux à l’école
Avant, on jouait beaucoup au « par en clef », maintenant je ne sais pas comment vous l’appelez… On poussait avec le pied un palet et on faisait un parcours, on passait le pied là, puis là (gestuelle), ha si maintenant ça s’appelle la marelle. On jouait à la corde à sauter aussi. On apprenait la couture aussi, on tricotait, une semaine on faisait la couture et l’autre semaine on cuisinait. Moi j’aime cuisiner et faire la pâtisserie par moi-même. Je ne suis pas habituée à manger les conserves et les surgelés !
Le carnaval :
Nous on faisait monsieur carnaval avec des chiffons et de tout, et puis après le jour de Carnaval, pour mardi gras, on allait au Cours Dillon, tout le monde se réunissait et défilait jusque-là pour aller faire brûler monsieur carnaval et on chantait en même temps les chants de carnaval en patois toulousain. On était tous déguisés et on faisait des danses. Voilà comment on enterrait le carnaval. Il y avait des chars qui défilaient, avec des bonhommes ou des choses qui étaient animées dessus. C’était surtout les étudiants qui se groupaient pour faire le défilé. Et le soir au bal… on était masqué quand on y arrivait et puis l’on se démasquait, fallait se deviner les uns les autres, parce que les étudiants se connaissaient. Après la guerre c’était fini. Il n’y avait plus rien qui marchait. C’était plus pareil.

array(0) { }