» Nous avions l’habitude de creuser des trous dans la terre « 

Un témoignage de Olga RICHY,
né(e) le 6 janvier 1919
Mémoire recueillie à

Olga RICHY-HERMANT
Je suis née à Grasse le 6 janvier 1919. J'ai habité à Paris jusqu'à l'âge de 6 ans, avant d'arriver à Gelos au hameau nommé « Rapatout ». Je vivais dans une maison de Maître avec un verger. Nous allions à l'école à pied, hiver comme été sur une distance de deux kilomètres. L'hiver, il faisait froid et nous n'avions pas de gants; pour pallier à ce problème, nous mettions des pierres chaudes dans nos poches, et nous apportions une bûche de bois par nécessité pour se chauffer à l'école, on nous offrait la soupe le midi dans une auberge (réputée pour sa garbure) à coté de l'école. Nous avons eu un maître mais il a été renvoyé pour cause d'attouchements, dès lors nous n'avons eu que des maîtresses qui logeaient au dessus de l'école. Je me souviens que l'inspecteur venait une fois par an, et il était si gros qu'il fallait ouvrir les deux battants pour qu'il puisse entrer, cela nous faisait beaucoup rire, lui, par contre, ne riait pas beaucoup, s'il voyait un livre qui ne lui plaisait pas il le jetait par la fenêtre.


Mon père était juif et ma mère catholique, de ce fait je n'étais pas très bien accepté; un jour alors que je venais de me bagarrer avec un de mes camarades, la maîtresse est venue voir ce qu'il se passait, je n'ai pas rapporté, j'ai juste dit que mon ami était tombé et que je l’aidais à se relever, depuis ce jour tout le monde m'a accepté. Le soir en rentrant de l'école, nous nous arrêtions dans une grange délabrée pour faire du feu pour se réchauffer. Je me rappelle que le père de mon ami nous avait fixé des bouts de boîtes de cirage au bout des galoches car nous avions l'habitude de creuser des trous dans la terre avec les pieds pour laisser passer les ruisseaux d'eau de pluie sur les chemins.


Je me suis marié à un espagnol protestant et j'ai eu six enfants dont cinq à la maison, je suis resté 17 ans à Bagnères de Bigorre.

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