» On a tout pollué ! « 

Un témoignage de Andrée Chatry,
né(e) le 18 février 1923
Mémoire recueillie à

Que faisiez-vous à mon âge ?
J'étais chez mes parents qui étaient boulangers, donc je travaillais très souvent. Je faisais le pain à la campagne avec mon père. Mais j'avais 20 ans, c'était la guerre en ce temps là. Mais malgré la guerre on faisait du pain avec des cochonneries, avec de la farine de maïs, le pain était tout jaune. Il ne levait pas. Le temps a passé mais je suis tombé dedans. Toute ma jeunesse était dans la guerre. Les restrictions : il n’y avait pas de sortis, il n’y avait rien. J'étais en Indre et Loire, à coté de Tours. Y'avait pas de loisirs, en campagne y'avait rien.
Quels étaient vos rêves à 20 ans ?
Que les allemands s'en aillent. Et aussi pouvoir s'acheter ce qu'on voulait, on n’avait rien, on ne trouvait pas de chaussures, on ne trouvait rien. On avait un vélo qui n'avait pas de roue, on prenait les tuyaux d'arrosage pour faire la roue, c'était dur, surtout pour moi qui portait le pain. Mais au moins on avait un vélo, c'était déjà ça.
Comment avez vous vécue les changements du 20éme siècle ?
On a du mal à suivre, ça c'est sur. Rien que dans la vie normal, tout ce qu'il y a comme confort. L'eau, par exemple chez mes parents on devait aller la chercher au puits. Maintenant, il suffit de tourner le robinet, c'est magique.
Qu'est ce qui vous à le plus étonné dans toutes ces nouvelles technologie ?
C'est l'électricité et tout ce qui en découle, moi chez mes parents il n’y avait pas l'électricité. Il n’y en avait pas en ce temps là. Vous vous rendez compte tout ce que ça fait aujourd'hui ? Tout ce qui marche avec ça. Tout le confort qu'il y a, rien que la lumière. Il n'y avait pas ça dans mon temps, la télé, la radio, pour cuisiner... Tout ce que l'on a comme confort !
Comment faisiez-vous pour faire des rencontres ?
On n’en faisait pas, c'était au hasard. Mon mari était commis chez mes parents, c'est comme ça qu'on s'est rencontré. C'était souvent comme ça. Le dimanche on avait qu’un vélo pour faire des sortis, mais au moins on en avait un, tout le monde n'en avait pas. Alors à plusieurs on allait faire des tours. On allait au patronage des fois, avec les gars et les filles. C'est comme ça qu'on se retrouvait.
Quel événement historique vous a le plus marqué ?
C'est l'arrivée des allemands, je les ai vus arriver, ils n’étaient pas agressifs mais c'était un choc. C'était impressionnant et même si ils n’étaient pas agressifs on avait peur. Après les avions sont venus, ils nous ont bombardé, au fur et à mesure qu'ils avançaient, ils bombardaient pour se faire de la place. Mais on a aussi été bombardé dans l'autre sens, à la libération.
Quelle image avez-vous des jeunes aujourd'hui ?
Je les plains pour leur avenir. Pour leur place dans le monde, le chômage tout ça, c'est difficile. On ne va pas vous laissez une planète bien intéressante nous. Il y a des tas de problème, déjà sur l'eau et c'est grave. Notre génération a fait du gâchis depuis 20 ans, c'est incroyable. On a tout pollué. Mes enfants vivent en plein dans le confort, faudrait que ça se freine, que ça se fasse autrement, avec des valeurs plus simple. Quand on voit tout ce qui se jette comme nourriture, c'est fou. Mais les idées vont venir. Mon petit fils qui a 35ans, qui travail dans l'immobilier a un raisonnement; va falloir que les gens se résonnent, on ne peut pas continuer à vivre comme ça, à tout gâcher.
Quelle est l'invention du siècle pour vous ?
Je ne sais pas moi, la télévision c'est une bonne invention. On vit dans le monde avec la télé. C'est un tout, c'est plutôt positif pour nous les vieux, au lieu de rester comme ça à rien faire, ça nous fait passer un peu le temps.

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