« Parenthèse de vie … »

Un témoignage de Jean-Baptsite CHEREAU,
né(e) le 10 février 1923
Mémoire recueillie à

C'est sous le soleil du Maroc que j'ai pointé le bout de mon nez, un jour de février 1923... Mon frère aîné avait alors 2 ans, et cinq autres frères et sœurs vinrent compléter la fratrie. C'est aussi dans ce beau pays que j'ai conquis le cœur de celle qui allait devenir ma femme. Nous avions respectivement 17 et 19 ans, tout juste sortis de l'adolescence, et pourtant, un an seulement après cette rencontre magique, nous passions devant l'autel pour une bénédiction nuptiale! Les enfants ne tardèrent pas non plus à arriver. D'abord une première fille, un an après notre union, puis une seconde, puis une troisième, puis une quatrième, puis une cinquième... quand enfin arriva le garçon tant espéré ! Tous sans exception, porteront le prénom de « Marie », ainsi il y eut: Marie-José, Marie-Jeanne, Marie-Madeleine, Marie-Thérèse, Maire-Noëlle et Jean-Marie!! Mais il faudrait plus qu'un tome pour raconter notre long parcours...J'ai donc choisi de vous narrer un événement qui a marqué mon enfance, et dont je porte aujourd'hui encore la cicatrice... « C'était un jour où, avec mon frère aîné, nous étions occupés à faire voler un cerf-volant que nous avions fabriqué par nos propres moyens, sous les conseils d'un ami plus expérimenté. Le vent soufflait favorablement pour permettre à notre création de voler. Je tenais la partie supérieure et mon frère, le fil nous reliant au cerf-volant. J'entrepris ma course en marche arrière, et me retrouvais en quelques secondes au fond d'un puits sans eau, d'une profondeur d'environ huit mètres! Des débris de verre entaillèrent mon crâne, et je commençais à saigner abondamment. Un passant ayant assisté à la scène, est venu me récupérer, et c'est grâce à cette intervention que j'ai pu être conduit rapidement chez un médecin... » Il ne reste plus aujourd'hui qu'une belle cicatrice, et le souvenir de cet événement qui aurait pu tourner au drame. Je vais bientôt fêter mes 87 ans, je vis aujourd'hui avec ma femme qui est malheureusement atteinte de la maladie d'Alzheimer. Nous partageons une chambre dans la Maison de retraite « Nouste Soureilh ». Cela signifie: « Notre Soleil », nous essayons de le conserver dans les regards que nous échangeons mutuellement, et qui ont remplacé la parole qu'elle a malheureusement presque oubliée...

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