Récit de vie

Un témoignage de Marie-Thérèse B,
né(e) le 1 janvier 1970
Mémoire recueillie à

Les rapports aux parents


Ah on était sévère, il fallait quand même obéir.


L’entrée à l’école


Je suis restée à la maison jusqu’à mes 5 ans. A 5 ans, je suis allée à l'école. Ma maman m'apprenait à lire le temps que j'étais à la maison. Donc après je suis allée à l'école jusqu’à 16 ans.


La maladie de la mère


Etant très jeune, ma maman a fait une double pneumonie infectieuse, à l'époque il n'existait pas d'antibiotiques et tout ce qui faut pour se soigner donc ça a été très long. Et ma grand-mère a dit à maman « pourquoi tu ne mettrais pas tes filles dans un pensionnat ?».


Dans la même ville, mais en pension, mais il y aurait quand même un peu moins de travail, un peu moins de soucis le soir.


Alors nous avons été toutes les deux, « les premières petites pensionnaires » du pensionnat où nous allions. C'était un pensionnat religieux. Et mon frère qui avait 6 ans de plus que moi, était de son coté. C’était en pensionnat religieux, donc ça devait être cher.


Les loisirs


Je n’avais pas tellement de loisirs...



Guerre et couvre-feu


J’avais une grande amie …l'aînée de 8 enfants, a eu 20 ans, et ses parents ont fêté ça en invitant ses ami(e)s.


Mais avec les allemands on n’avait pas le droit de sortir la nuit. Donc, on est resté la nuit toute entière chez ces personnes-là. Et le matin quand on a eu le droit de sortir, et on rentrait chez nous.


…..mes parents et leurs amis avaient l'habitude de se recevoir le soir, tous les 15 jours (15 jours chez l'un, 15 jours chez l'autre). On ouvrait la porte tout doucement, on écoutait… pas de bruit de botte d'allemand, « allez vite vite rentrez et vite vite venez» c'était comme ça.



L’économie domestique


Ma mère cousait énormément, elle nous faisait tous nos vêtements. Et après j'ai fait exactement pareil avec mes enfants. C'est-à-dire que je faisais des chemisettes et des pyjamas, tout ça je l'ai fait, oui oui oui!


C'est moins cher que d'acheter des habits..., j'ai tout fait! Et je vous dirais même que j'ai fait avec ma maman ma robe de mariage. Bien sûr ce n'était pas une robe de mariage signé d'un grand couturier, mais enfin c'était toujours ça.


J'étais chez moi, je n'ai pas travaillé. J’avais toujours beaucoup de ménage à faire car ma mère n'était pas bien portante, donc c'était moi qui, si je puis dire, entretenais la maison.



L’éducation pour ses propres enfants


L’ascension sociale mais aussi l’éloignement, la dispersion des familles


J’ai l'impression d'avoir donné la même éducation que celle que j’ai reçue, en tout cas le fond.


Mes enfants ont été à l’école jusqu’à 16-17 ans et un fils jusqu’à 25 ans. Il n'y en a pas tellement qui aimait l’école!


L'aîné était enseignant en lycée professionnel, le 2ème et le 3ème ont été instituteur, le 4ème ingénieur, (il ne travaillait pas à la SNCF, mais il travaillait pour la SNCF).


Maintenant, mes enfants sont à 500km d'ici; on ne se voit pas souvent



Le rapport aux jeunes


Je n'en connais pas beaucoup de jeunes, je n'ai pas beaucoup de relations avec les jeunes


Des jeunes, il y en a des biens, et il y en a des pas bien.


Vous savez, il ne faut pas croire que, parce que j'ai 91 ans, que tout le monde était bien quand j'étais jeune!


Tout en laissant les enfants libres, il faut avoir une certaine autorité : on ne laisse pas des enfants de 12 ans tout seuls dehors dans la rue à 11 heures du soir ! Ça, ne se fait pas, moi je suis contre! Chez soi! Et c'est tout! Qu'on soit en 2000 ou n'importe quoi...


C'est pour éviter le danger, parce qu'il en a forcément. Il y en a toujours eu du danger!


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