La soif d’apprendre

Un témoignage de Simone M,
né(e) le 18 février 1931
Mémoire recueillie à

L’école

Témoignage recueilli le : 19/02/2015

« Je suis allée à l’école. C’était une école qui allait de la maternelle à la troisième, c’était appelé « cour élémentaire ». Il n’y avait que ça dans ce patelin. Mais il y avait de bons professeurs.

A notre école, c’était filles et garçons séparés. Il y avait des juifs, des arabes… Ma meilleure amie c’était une arabe, il n’y avait pas de ségrégation entre nous. On ne se harcelait pas comme ça se passe dans les écoles maintenant. On se bousculait de temps en temps, parce qu’il y avait des chipies quand même !

On allait à l’école à pied, par tous les temps. Mon papa ne voulait pas qu’on ait des vélos. Il n’y avait pas tellement de gens qui roulaient à bicyclette.

Les premiers temps, on marchait bien une demi-heure pour aller à l’école. J’étais avec mes sœurs. Quand je pense à mes nièces…pour faire deux mètres, elles demandent à leur père de les accompagner en voiture… Si elles savaient !

Il y avait aussi ce qu’on appelle l’école coranique, c’est-à-dire l’école arabe qui était faite par des imams. Ils apprenaient à lire et écrire comme partout mais en plus ils enseignaient le coran.

J’ai appris l’arabe parlé et l’arabe littéraire. Je préférais l’arabe littéraire parce qu’il est voyellé, alors que l’arabe parlé ce ne sont rien que des sons, et c’est beaucoup plus difficile. Je ne me suis pas tellement intéressée pour cette langue. Bon je sais quand même dire quelques mots comme ça.

Maman parlait un peu car en Tunisie, souvent ils parlaient arabe. Mais ce n’est pas tout à fait pareil qu’en Algérie. Ce sont des dialectes en fait. Papa, lui, avait appris car quand il a commencé à être juge, il allait vraiment dans le fond du pays des fois. Mais autrement à Batna, tout le monde parlait français. Il fallait descendre de la montagne pour ne pas connaître le Français. »

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