Souvenirs d’Algérie

Un témoignage de Joseph Ramos,
né(e) le 4 mai 1926
Mémoire recueillie à


Né en 1926 à Lamoricière, Joseph Ramos, fils d’agriculteurs émigrés espagnols passe une grande partie de sa vie en Algérie.


Participant très tôt à la ferme familiale pour ensuite y travailler dés l’âge de 14 ans, âge auquel il a arrêté l’école.


Il était dur de poursuivre une scolarité, le professeur d’école étant souvent malade, dans ce contexte : « deux jours par semaine, c’était bien… cela a duré pendant deux ans. »


Vivant de ses propres productions (vignes, bétails, légumes et huile…), la vie de fermier était soutenu, difficile et rude, mais elle était appréciable et monsieur Ramos en était heureux.


En revenant aujourd’hui sur sa scolarité et son parcours, il constate que « cela ne m’a pas empêché de gagner ma vie honnêtement, d’avoir une famille, de leur donner une situation ».


Il quitta le domaine familial après son service militaire, suite à un désaccord avec son père pour devenir gérant de ferme dans une autre production située à Mascara.


Il rencontra sa femme en 1949, lors d’une sortie entre amis, « quand je l’ai vu c’était comme une étoile qui s'est mise à briller dans mes yeux ». Ils se marièrent le 11 Février 1950.


Le couple eut deux enfants en Algérie, ainsi que des jumeaux en France après leur arrivée à Saint Martin d'Hères en 1961, fuyant le conflit de la guerre d’indépendance. Ce fut une période difficile pour M. Ramos, il avait 35 ans quand il quitta sa terre natale à contrecœur.


L'arrivée ne fut pas facile, avec seulement mille deux cent franc pour subvenir au besoin de toute la famille, logement compris. M. Ramos eut la grande chance de pouvoir obtenir rapidement un travail, en tant que chauffeur-livreur aux Nouvelles Galeries, chose qui n'était pas si aisée de part sa position de « pied noir ». L'accueil n'était pas chaleureux par l'ensemble des communautés, l'accusant de venir « piquer leur travail ».


Monsieur Ramos partit à Fontaine pour suivre son travail maintenant lié aux travaux publiques et mieux payé.


Les conditions de travail étaient difficiles, les trajets conséquents et les horaires variables « il ne fallait pas avoir peur de faire des heures ».


Sa femme et lui devaient travailler dur pour nourrir leur ménage, celle ci continuant sa profession d'agent de service, métier qu'elle pratiquait déjà en Algérie.


Aujourd'hui monsieur Ramos réside paisiblement au foyer logement de la Cerisaie à Fontaine, recevant souvent ses enfants et petits-enfants, tous habitant dans les environs de Grenoble.


Il n'a jamais souhaité retourner en Algérie, préférant conserver les souvenirs qu'il en avait, ayant peur d'être déçu.



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