Témoignage de M. Albert

Un témoignage de Claude Albert,
né(e) le 23 avril 1942
Mémoire recueillie à

Je m’appelle M. Albert Claude plus connu sous le nom de Claude Albert. J’étais pendant 22 ans prof dans le nucléaire au début à Paris et ensuite à Saint-Etienne parce que ma fille y habitait. Je ne voulais pas laisser ma fille toute seule avec ses enfants, je voulais m’occuper d’eux !


Je suis dans la résidence depuis un peu moins d’un an, mais avant j’habitais dans la région parisienne notamment à Fontainebleau. J’y suis resté pendant 45 ans. J’ai vécu plus longtemps dans la région parisienne que dans le midi d’où je suis originaire. Pourtant j’ai toujours gardé l’accent du sud. (rire)


Au tout début de ma carrière j’ai travaillé dans les centrales classiques (type charbon) et ensuite dans le nucléaire !


Au début, le nucléaire était très mal perçu et surtout très peu connu, alors quand je disais que je travaillais dans le nucléaire, on me regardait bizarrement.


J’ai débuté ma carrière en binôme avec un professeur dans le nucléaire et ensuite il est parti donc je l’ai remplacé ! Le premier jour où mon collègue m’a laissé tout seul c’était très dur et après je m’y suis fait comme tout le monde.


J’ai vraiment aimé travailler dans le nucléaire car c’est très important de savoir ce que c’est à l’heure d’aujourd’hui. Il y a des gens qui disent qu’ils sont contre mais ils ne savent pas pourquoi.


Sinon, je peins et je dessine depuis que je suis tout jeune. Je n’ai jamais pris de cours mais j’aurais du car après c’était trop tard. Je peins uniquement pour moi à partir de modèles (des photos de portraits et de paysage). Cette passion je l’ai depuis que je suis tout petit. Je me rappelle à l’école je n’écoutais rien, je ne faisais que dessiner ! Même pendant mes études je ne faisais que des dessins et ça « emmerdait » mes profs !!! (rire).


Je me rappelle de mon premier portrait. Je connaissais une famille juive qui tenait un magasin de fripe et qui voulait que je fasse le portrait de leur fille. J’ai accepté, seulement c’est très long de faire un portrait. Ainsi tous les 5 jours, la famille m’appelait pour savoir si c’était fini. Enfin bon, je l’ai quand même fini. Si j’avais pu mettre une couronne au dessus de la tête de la petite fille, je l’aurais fait car c’était vraiment leur fille unique bien aimée. Enfin tout cela pour vous dire que j’ai fait très peu de portraits car c’est très long. Quand j’étais jeune, j’arrivais à vendre quelques unes de mes peintures pour me faire de l’argent mais maintenant je ne veux plus en vendre.


Enfin, je reconnais moi-même que je me débrouille bien. (rire)


Mais maintenant je veux plus faire des portraits parce que tous les gens de la résidence venaient dans ma chambre pour me demander un portrait mais c’était trop de travail. Du coup je n’en fais plus comme ça le problème est réglé.



Sinon, j’ai un peu voyagé. J’ai travaillé pendant 3 ans en Grèce quand je suis sorti de l’école. Il fait très chaud là-bas et c’est très sale. Mais enfin il n’y a pas grand-chose à dire de la Grèce, je travaillais dans une toute petite ville.


Sinon là bas, j’ai vécu mon premier et mon seul tremblement de terre ! C’était fréquent en Grèce ! Heureusement on dormait sur des chantiers et on était sur des matelas à même le sol du coup on ne risquait pas de se faire mal. Il n’y avait pas grand-chose qui pouvait nous tomber sur la tête. Mais ça reste quand même très impressionnant un tremblement de terre !


En Grèce on était super bien payé. En faite, on était payé comme si on travaillait en France mais par contre le niveau de vie de la Grèce était beaucoup plus bas qu’en France. Ainsi on vivait comme des pachas ! Je me suis acheté là bas une belle voiture de sport anglaise. C’était une Spitefire, une belle voiture de l’époque. Mais c’était juste pour faire tomber les filles ! (Rire)


Sinon, j’ai travaillé dans différentes villes de France, Lyon, Saint Etienne et Paris.


Travailler à Paris c’est la folie. Je travaillais en Seine Saint-Denis et j’ai assisté à la construction du stade de France. Ils ont mis à peu près 4 ans pour le construire. Le stade de France est très beau, il y a une pelouse spéciale, enfin tout est spécial à Paris. À l’époque je travaillais chez EDF. On a fait l’électricité dans le stade. Cela m’a permis de voir tous les travaux à l’intérieur de celui-ci, c’était très intéressant.


Après, j’y suis retourné en tant que spectateur pour aller voir un match, Toulon contre PSG ! Et je n’étais pas pour le PSG mais pour Toulon ! Et là maintenant je suis pour Saint-Etienne. (rire)


Enfin voilà, sinon quand j’étais petit j’ai fait beaucoup de conneries de gosse, et la plus grosse m’a fait perdre un doigt :


C’était avec mon frère et mon cousin, j‘avais 8 ans. On avait une brouette avec devant une roue. On était 3, plus bêtes les uns que les autres.


On mettait une ficelle sur la roue et on faisait tourner jusqu’à enlever la ficelle. Seulement j’ai oublié d’enlever ma main, j’ai perdu mon doigt ! Ma mère qui voulait faire de moi un pianiste je lui ai dis c’est trop tard ! (Rire)


Le plus dur c’est qu’à cette époque on vivait dans une maison à la campagne et nous n’avions pas à ce moment là les moyens pour acheter une voiture. Ainsi pour soigner mon doigt, on a dû se rendre chez le médecin dans la ville la plus proche (Bézier) à vélo ! C’était super dur, surtout que la douleur commençait à me faire de plus en plus mal.


Enfin, voilà c’est différentes bêtises m’ont fait grandir et m’ont appris les choses importantes de la vie.



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