Un beau chemin de vie !

Un témoignage de Michel et Noëlle Hervy,
né(e) le 2 juillet 1949
Mémoire recueillie à


Aujourd’hui, c’est le grand jour ! Aujourd’hui, nous allons discuter avec Michel et Noëlle, notre fameux couple d’inséparables amoureux...


Ils nous reçoivent comme à l’accoutumée, dans leur spacieuse chambre toujours aussi souriants. Quand on est à leurs côtés, on se sent bien, comme si on faisait partie de cette famille qui ne cesse de s’agrandir et pour qui ils ont un amour inconditionnel.


La discussion pourrait durer des heures sans qu’on s’en lasse et pourtant il faut bien qu’elle débute …


Michel, est né le 19 septembre 1925 à Bouvron. A l’époque, il fait ses premiers pas au sein d’une famille attristée par la mort du papa, cinq mois avant sa naissance. Il est le petit dernier d’une grande famille, alors bien sûr, il a été gâté par ses aînés, c’est ce qu’il nous soutient !


Par la suite, sa maman, a décidé de prendre la route de Saint-Brévin dans le but de retrouver à la fois ses parents et la plénitude de la montagne. Michel n’aura de cesse d’admirer ce grand-père qui a su recevoir chez lui sa famille, la soutenir, malgré son âge et qui, comme le dit Noëlle « a voulu jouer un peu le rôle du père ».


On comprend dès lors, que la famille a eu et aura toujours une place prépondérante dans la vie de ce monsieur très attachant.


Malgré tout, un petit regret se laisse entendre, lorsque que Michel nous livre le fait qu’un papa, il n’a « jamais su ce que c’était, et que bien souvent, le manque s’est fait ressentir». Cependant comme il dit, ce n’est pas ce qui l’a empêché de vivre « une jeunesse heureuse » et pleine de vie.


Quant à Noëlle, elle, est née dans la petite commune de St Jean de Boiseau le 28 octobre 1929. Elle est au contraire de son mari, l’aînée de la famille. Ce rôle, elle l’a pris très à cœur. Elle nous explique alors, que son père étant entrepreneur de maçonnerie était très occupé et que sa maman « faisait la secrétaire ». « Si bien que je me suis beaucoup occupée de mes petits frères et sœurs. Oui, ma maman comptait beaucoup sur moi. »


Noëlle, nous étonne car elle connait l’histoire de son mari sur le bout des doigts comme si elle-même l’avait vécue. Nous apprenons alors, que « c’était comme ça autrefois, on vivait d’avantage en famille ». Elle dit d’un regard pétillant, que ce grand-père « avait du mérite, que c'était un sacré bonhomme».


Michel , était destiné à prendre la succession de l’entreprise que tenait un oncle, qui était négociant en gros, en grains et en engrais à Bouvron. « Mais, mais, mais … » le coupe sa femme, comme pour lui faire penser à une anecdote à nous raconter. Toutes ouïes, nous attendons… et à M. Hervy d’enchaîner : « mais la guerre est venue et je ne sais pas si vous avez entendu parler de la poche ? Bouvron était inclus dans cette poche. Mon frère ainé, aurait du partir en Allemagne, vu son âge. En effet, à ce moment là, les allemands réquisitionnaient et envoyaient les garçons à partir d’un certain âge en Allemagne. Alors ce frère et quelques collègues, ont décidé de prendre le maquis afin d’éviter de partir en Allemagne. C'est pourquoi ils se sont retrouvés en campagne à Bouvron. Ce qui explique que c’est lui qui est resté dans l'entreprise. »


A cette époque Michel avait tout juste 18 ans et devait alors, se trouver une « autre branche» puisque sa première porte de sortie venait d’être attribuée à son frère. « Si bien que, je me suis retrouvé là où je m’étais juré de ne jamais aller : dans un établissement de construction naval d’Indret ! », il nous raconte ceci avec un détachement tout particulier, qui nous fait comprendre qu’il ne se sentait pas à son aise dans ce milieu là … « Je suis rentré dans cet établissement là et comme je n’avais pas de spécialité particulière, ils m’ont mis au bureau d’études. Et bien sûr, au début, je ne comprenais rien du tout : oui, les dessins industriels c’est tout à fait spécial ! Et surtout, je n’en avais jamais vu auparavant. »


Et puis, la chance a tourné, l’agence a décidé de créer un service photographique pour lequel il a immédiatement postulé, et où il se sentait désormais plus à son aise : « j’étais mon propre chef, ce qui était bien ! » Noëlle, nous confirme que là, il était heureux. « Tandis qu’avant, tu rentrais le soir, tu disais « Mais ce n’est pas possible que je puisse passer toute ma vie là ». C’était quelque chose qui ne t’intéressait pas, alors que ce service photographique après, oui ».


Le journalisme est une passion qui est venue compléter son activité professionnelle et comme il dit « c’était une chance », c’est ainsi qu’il est devenu le correspondant Ouest-France du secteur. Ce dont il peut être fier ! Car il ne prenait pas cette « mission » à la légère. Il était tout le temps parti à courir …


Nous nous tournons désormais, vers Noëlle, toujours souriante, qui nous explique qu’elle n’avait « pas une grosse santé », ne lui permettant pas de travailler autant qu’elle le souhaitait. Cependant, elle a beaucoup aidé son mari. Notamment le dimanche, lorsqu’il fallait passer des tas de coups de fil, afin de répertorier tous les résultats de football des différents matchs ayant eu lieu durant le week-end en Loire-Atlantique. « Pour la page sportive, ce n’était pas triste ! Puisqu’il fallait que les résultats des classements paraissent le lendemain dans les journaux », assure Michel. Si son métier ne l’a jamais vraiment passionné, être correspondant Ouest-France l’intéressait par-dessus tout et heureusement puisqu’il l’a été pendant 40 ans !!!


Noëlle, nous explique pas peu fière et cependant en toute modestie que « lorsqu’il y avait des fêtes folkloriques, des kermesses, ou encore les fêtes de village, Ouest-France y consacrait deux pages ! Et c’était mon mari qui faisait ça et c’était du boulot ! » Et en toute pudeur Michel rajoute « je n’ai jamais été un intello, comparé à mes frères et pourtant c’est moi qui écrivais » et ses frères qui disaient « Dis-donc, mais quelle plume tu as !».


Michel, a su concilier à la fois sa vie de famille et sa passion pour le journalisme, toujours avec le soutien et l’aide de sa femme, Noëlle.


L’histoire de ces deux vies qui ne se sont pas laissées passer, qui ont su se reconnaître et avancer ensemble ne peut que réjouir ceux qui ont la chance de la partager avec eux.


Mais au fait, comment se sont-ils rencontrés ?



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