Une vie bien chargée

Un témoignage de ,
Mémoire recueillie à

A quel âge avez-vous commencé à travailler ?
J’ai commencé à travailler à 18 ans, j’ai fait le métier qui me plaisait, routier. J’ai toujours été routier mais aussi militaire, j’étais commando 8ème RCP. J’ai fait un avancement d’appel donc je suis allé à la caserne Desjardins à Angers, j’ai réussi mon examen et après je suis parti dans les commandos à Tarbes à 17ans et six mois. Je faisais beaucoup de sport, j’étais moniteur de judo, j’étais très sportif et très musclé. Je m’entendais bien avec mes collègues en tant que routier.

Racontez-nous une journée de travail type ?
Je faisais beaucoup l’international, j’ai été en Grèce, Russie, Biélorussie et tous les pays de l’Europe ainsi que l’Italie, la Sicile, Tchécoslovaquie, Bulgarie, Roumanie. En ce temps-là on ne comptait pas les heures de travail, vers la fin on faisait 4h de route, on s’arrêtait ¾ d’heure voire 1h, on repartait pendant 4h pour s’arrêter ensuite pendant 11 heures. Avant, il y avait les frontières mais plus maintenant, on est passé en T2, avant on montrait les passeports et on faisait tamponner les papiers à la douane. Mon travail n’était pas dur physiquement, je m’arrêtais souvent au même endroit avec les collègues routiers, il y avait de la solidarité entre collègues quand un de nous était en panne sur le bord de la route. De mon côté, je pouvais me débrouiller seul pour réparer mon camion.

Avez-vous un mauvais souvenir de certains de vos voyages ?
Non mais c’est la pauvreté qui m’a marqué dans des pays tel que le Portugal, la Biélorussie, Tchécoslovaquie, la Roumanie. Le métier de routier est plus dur à l’heure actuelle car avant les routiers en profitaient trop. Ils roulaient sans mouchard pour rouler le plus longtemps possible dans le but de faire plaisir à leur patron mais maintenant c’est plus possible car c’est par carte. Mon salaire me permettait de vivre décemment, je ne me suis jamais plaint. Si je n’avais pas fait routier j’aurais bien aimé être électricien ou mécano.

Comment occupiez-vous vos temps libres ?
En tant que routier, je me promenais dans les parcs, j’allais voir les animaux, autrement je jouais à la pétanque. Sinon plus jeune j’allais dans les salles de sport et j’entraînais des jeunes au judo, j’étais ceinture noir troisième dan à Trélazé. J’aimais bien aller à la piscine mais surtout nager dans la mer. Je partais en vacances en France, à la mer comme à la montagne. J’étais très sportif étant jeune, je pratiquais dans un club le judo et le foot au Réveil vers Nantes ainsi que beaucoup de sports de combat comme à l’armée où j’ai fait du cross combat.

Alliez-vous à des fêtes ou des bals ?
Oui j’aime beaucoup la danse, il y en avait régulièrement à mon époque mais moins maintenant. J’allais aussi dans les bals dans les autres pays, je me suis même fait inviter à un mariage en Biélorussie où ils sont très accueillants ! J’écoutais toutes sortes de musique telles que Natasha St Pierre, Johnny Halliday, Eddy Mitchell. Je ne lisais pas beaucoup. Mes parents ont eu leur première télévision en 1956 qui était bien sûr en noir et blanc. Je ne sortais que de temps en temps avec mes parents car j’étais plus solitaire je préférais partir avec mon vélo en promenade. A mon époque j’aurais bien aimé avoir un ordinateur ou alors une console.

Quelles étaient vos relations avec vos instituteurs?
J’ai toujours eu de bonnes relations car j’étais un bon élève. IL n’y avait pas d’uniforme à l’école. J’ai d’abord eu mon certificat d’école primaire et ensuite mon BEPC.

Dans quelle ville avez-vous vécu votre enfance ?
Mon père était algérois et ma mère espagnole, je suis né en Algérie et j’ai vécu là-bas jusqu’à 13 ans. Toute la famille était réunie chez nous et cela se passait très bien. J’ai quitté l’Algérie à 13 ans à cause de la guerre et mon père a été muté en France et on s’est installés à Angers. Je participais aux tâches ménagères car j’aime bien bosser. Oui j’avais une éducation religieuse et j’ai participé à une messe en latin et fais ma communion solennelle.

Quelles différences faites-vous entre votre jeunesse et celle d’aujourd’hui ?
Si la jeunesse d’aujourd’hui est bien secondée par les parents ça va mais s’ils sont laissés à l’air libre ils font que des bêtises. Oui j’avais de l’argent de poche chaque mois, j’étais un enfant très sage. Mon premier amour c’est quand j’étais en Algérie donc vers l’âge de 12 ans, j’étais jeune. L’évènement qui m’a le plus marqué c’est mon départ de l’Algérie française et je n’y suis jamais retourné. On a même sauvé des Algériens qui devaient se faire tuer dans la nuit. Je n’ai pas vraiment eu de jeunesse car j’ai été 13 ans sous la guerre, ça endurcit le caractère, ensuite l’armée puis routier !

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