Une vie simple

Un témoignage de Christiane Tourret,
né(e) le 18 décembre 1928
Mémoire recueillie à

J’ai eu une vie bien simple, j’ai eu une bonne enfance, je suis née le 18 décembre 1928 à Ambérieu-en-Bugey. C’était un hiver assez rigoureux, je ne le sentais pas à ce moment là, car j’étais au berceau. J’étais la seule fille. Maman était asthmatique et elle ne travaillait pas, papa lui, travaillait à l’EDF. On louait une maison, on s’y plaisait.
Mon père est mort à 43 ans, j’avais 18 ans. Alors je suis allée à Voiron, où mon frère travaillait comme gareur (réparer des machines à tisser) et moi je suis devenue tisseuse. Le patron nous prêtait un appartement, maman et mes frères nous ont rejoints.
Ma grand-mère habitait à Béton, un petit pays à côté d’Ambérieu.
Pendant la guerre, je suis allée chez ma tante qui était également ma marraine à St Georges d’espérance ; elle était serveuse au Buffet de la Gare. Elle ne voulait plus me garder à cause des bombardements, la guerre je ne l’ai pas trop vécue, mais ma tante avait quand même peur du coup mon père est venu me chercher quand mon frère est né. Au début, je ne voulais pas le voir ; il a 14 ans de moins que moi, et du coup après j’étais comme sa deuxième mère.
Après la mort de mon père, je suis allée à Gomer dans la Loire. C’est là-bas que j’ai connu mon mari à un bal. Ca n’a pas été toute suite le coup de foudre. En fait c’était mon deuxième amant.
Le premier, sa mère ne voulait pas me voir ; on était obligé de se cacher car sa mère était méchante, elle m’aurait fait du mal si elle m’avait vue.
Jean-Pierre, mon mari, avait deux ans de moins que moi, pour notre mariage il a dû demander l’autorisation à ses parents car la majorité était à 21 ans. Il était dans l’armée de l’air, c’était un militaire.
Pour notre mariage nous sommes d’abord passés à la mairie puis à l’église, chez nous on n’était pas très croyants, à St Georges d’Espérance c’était rare.
Pour la préparation de notre mariage nous avons épluché des haricots avec mon mari et mes parents avaient acheté un gros gigot. Il n’y avait pas beaucoup de monde. Les gens qui sont venus nous aider étaient ma marraine, ma mère et son nouveau compagnon et un adjudant de mon époux. Il y a eu un orage terrible la nuit précédant le jour du mariage. En plus le gaz s’est fini au moment où l’on cuisait les haricots.
Le repas fut tout simple mais finalement les haricots furent cuits car à l’époque on se débrouillait. On a eu vraiment peur que le mariage ne soit pas réussi mais cela s’est bien passé. Il avait son costume d’aviateur, et moi j’avais une robe bleu turquoise.
Après j’ai pris une conciergerie dans une usine de Textile. J’avais plein d’avantages, notamment l’appartement était gratuit.
Ma mère disait que je n’allais jamais avoir d’enfants, mais deux mois après ce diagnostic je suis tombée enceinte de mon premier fils Joël. J’ai eu deux autres enfants après Nadine et Yvan. La plus belle chose qui m’est arrivée, ce sont mes enfants. J’ai toujours eu des accouchements difficiles mais mes enfants s’étaient Tout. J’ai 5 petits enfants et deux arrières petits enfants.

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