Voyages autour du monde

Un témoignage de Père Pierre André,
né(e) le 28 janvier 1924
Mémoire recueillie à

J’ai voyagé de 1951 à 1990. Je travaillais dans une école de production à Charbonnière. Le conseil régional s'y est intéressé car c’était la seule école mécanique de la région. Le Danemark a même visité l’école comme exemple.

Les voyages faisaient partie de la formation de l’atelier, ils étaient préparés avec les jeunes au moins 6 mois à l’avance. Les voyages étaient dans l’idée scoute : les jeunes partaient en camion de camping en camping. Il fallait être prêt, c'est-à-dire avoir le nécessaire, les visas, les vaccins etc. Il ne fallait pas oublier les différentes monnaies suivant les pays et les « traveller’s chèques. » Pour ne rien oublier on avait une check-list …

Tous les départs étaient à minuit fin juin, avec 20 kilos maximum chacun (valise ou sac à dos). Financièrement, nous avions le minimum, nous faisions donc le plus souvent du camping sauvage. Nous avions aussi aménagé un véhicule qui nous permettait de dormir et de manger. Nous emportions à chaque fois 50 kilos de pommes de terre !
Un jeune était chargé de me suivre pour vérifier que je fermais bien les portes. Et tous les autres jeunes avaient un rôle défini : monter les tentes, aller chercher de l’eau,… .
Les cartes postales que j’écrivais tous les jours à mes parents m’ont servi pour retracer mes voyages après coup. Le circuit était écrit et les équipes qui faisaient le voyage s’y tenaient.

J’ai fait un circuit « cap Nord » 5 fois avec des variantes entre la Laponie et la Russie. Là bas, comme il fait trop froid, on fait pousser les tomates et les pommes de terre dans des usines. Les arbres ne mesurent pas plus de 2 mètres au cercle polaire.
Dans la Toundra, il y avait d’horribles moustiques, des millions. En voiture avec les vitres ouvertes, il n'y avait pas de problème quand nous roulions. Mais dès qu'on ralentissait, des milliers de moustiques entraient dans le véhicule ! Pour les éloigner il existait des médicaments qui donnaient une transpiration qu’ils n’aimaient pas.

Dans chaque pays où nous sommes allés, il y avait des lieux rudes : en Irak, à Bagdad en particulier, c'était le désert. Les stations de pompage s’informaient sur les gens qui passaient. Il faisait 51 degrés à l’ombre mais il n'y avait pas d’ombre. Bagdad était une ville très désordonnée, avec des fils électriques apparents partout. Au bord de l’Euphrate, l’armée nous a interceptés et nous a dit de ne pas rester car une famille avait été égorgée peu de temps avant à cet endroit. Nous avons donc été accueillis dans leur caserne.

Nous sommes aussi allés au Maroc. Là bas, il existe des dunes de 300 mètres de hauteur ! Parfois, comme les cartes n’étaient pas toujours mises à jour, nous nous retrouvions à traverser des rivières sans pont… Une fois, nous nous sommes retrouvés face à une rivière asséchée. Nous avons mis environ 5 heures à la traverser, il a fallu transporter les affaires d'une rive à l'autre, puis installer des planches pour faire passer le véhicule sans s'embourber dans le sable.

Lors de notre voyage en Norvège et Suède, nous avons visité beaucoup d’églises esthétiques, très bien construites, des églises en bois qui durent depuis 11 siècles ! Ce qui était à la mode là-bas arrivait 6 ans plus tard en France. J'ai surtout été marqué par le « soleil de minuit ». Je me souviens avoir conduit en pleine nuit avec mes lunettes de soleil !

Aux Etats Unis, au point de vue circulation, j'ai trouvé qu'ils étaient très en avance par rapport à la France. Las Vegas est une « pompe à fric » mais certains motels ne sont pas très chers ! Avant de partir, j'avais une mauvaise image du pays, mais j'ai reçu les conseils d’un confrère qui m’ont rassurés. A Los Angeles, j'ai du aller chez le dentiste. J'ai été reçu par une jeune stagiaire des Philippines, très pieuse. Parce que j'étais prêtre, elle ne m'a rien fait payer. Les villes que j'ai préférées là bas sont San Francisco, pour son côté pittoresque et son ambiance, et Chicago dont les buildings sont impressionnants.

Dans l'ensemble, je peux dire que j'ai fait de grandes connaissances dans tous les lieux.

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